Favoriser la justice sociale et numérique lors du Sommet mondial de l’IA en Inde

De gauche à droite : Daniel Pap, conseiller juridique auprès du Comité sur l’intelligence artificielle du Conseil de l’Europe ; Guillemette Martin, responsable principale pour l’intelligence artificielle et la protection des données à caractère personnel du Programme Sud VI; Clara Merheb et Benjamin Kyamoneka Mpey, participants du programme HEY.

© Conseil de l'Europe 2026

New Delhi | 20/02/2026

En cette Journée internationale de la justice sociale, nous revenons sur la participation de Benjamin Kyamoneka Mpey au sommet mondial de l’IA en Inde qui a eu lieu cette semaine du 16 au 20 février à New Delhi. Benjamin a participé au cours sur la protection des données du programme HEY (Éducation aux droits humains pour les jeunes) en tant que défenseur des droits humains et militant pour la jeunesse congolais, exerçant actuellement au Kenya. Benjamin a aussi été le plus jeune des trente défenseuses et défenseurs des droits humains sélectionnés par le Global Campus of Human Rights (qui a reçu le Prix Nord Sud du Conseil de l’Europe 2023), et le Parlement européen pour participer à l'École de Venise pour les défenseurs des droits humains. Cette semaine, il a pris part au Sommet sur l'IA comme opportunité de suivi du Programme, avec le soutien du Centre Nord-Sud du Conseil de l’Europe contribuant à faire entendre les perspectives de la jeunesse et des droits humains dans les discussions mondiales sur l’intelligence artificielle. Son engagement montre que la justice sociale et la justice numérique sont indissociables. 

En tant que Fondateur et Directeur exécutif de The Growth Sphere et directeur de LJL Francophonie, il se consacre à élargir les opportunités pour les jeunes du Sud global tout en analysant de manière critique la manière dont les technologies émergentes, et en particulier l’IA, transforment les structures de pouvoir, la protection des droits et les processus démocratiques. Son expérience récente avec Amnesty International Kenya, où il a contribué à la campagne Privacy First sur les droits numériques et la protection des données, a renforcé sa conviction que l’innovation technologique doit être guidée par des standards clairs de droits humains.

Grâce au programme HEY, il a approfondi sa compréhension des cadres internationaux et régionaux de protection des données et développé la capacité d’évaluer les politiques et pratiques émergentes à travers le prisme du droit des personnes et de la démocratie. Ces connaissances lui ont permis de participer activement aux ateliers, notamment à la session Innovation du Sommet, en échangeant avec des entreprises, experts en IA et des jeunes du monde entier pour co-créer des solutions dans le cadre de son activité à The Growth Sphere. Il a souligné que l’impact de l’IA va bien au-delà de la désinformation et des deepfakes : elle affecte également la vie privée, l’égalité, la responsabilité et la confiance du public. Selon lui : « le fait que les questions liées à l’IA restent complexes signifie que le développement d’initiatives visant à atténuer ou prévenir les préjudices liés à l’IA, voire à proposer des politiques adaptées, nécessite une compréhension technique préalable du développement et du déploiement des modèles d’IA et de la manière dont leurs impacts sont vécus dans différentes régions du monde ».

En parallèle, son expérience met en lumière un défi persistant : bien que les jeunes soient au cœur de la révolution numérique, concevant, déployant et utilisant les technologies d’IA, leur participation aux processus décisionnels reste trop souvent symbolique. Pour lui, une inclusion réelle des jeunes exige plus que de simples invitations à s’exprimer : elle nécessite un dialogue intergénérationnel équitable, des investissements dans le renforcement des capacités pour les jeunes techniquement compétents et ceux orientés vers les droits humains, ainsi qu’une influence réelle dans la prise de décision.

Clara Merheb a participé à un panel spécial présentant la communauté étudiante du Conseil de l’Europe en tant qu’étudiante libanaise. Elle y a présenté le Centre Nord-Sud du Conseil de l’Europe ainsi que son expérience en tant qu’ancienne participante du programme HEY, et a pris part aux ateliers. 

Depuis New Delhi cette semaine, Benjamin affirme que la participation des jeunes à la gouvernance de l’IA doit évoluer de la simple représentation symbolique vers une influence réelle, car la génération qui façonne l’IA aujourd’hui héritera demain de ses conséquences sociales et démocratiques à long terme. Il ajoute : « Le moment d’agir est maintenant, avant que les dommages deviennent irréversibles. » 

Pour relever ces défis, le Centre Nord-Sud du Conseil de l’Europe a intégré l’Intelligence Artificielle dans ses domaines d’action. Le Forum de Lisbonne 2025, intitulé « IA et gouvernance mondiale : droits, représentation et capacité d’action », a intégré la perspective jeunesse et a été enregistré en tant que pré-événement au sommet mondial de l’IA en Inde. Ce mois-ci, le Centre Nord-Sud a également participé à l’atelier India Student Community Convergence, associé au GPAI, conçu pour renforcer les perspectives des jeunes dans la gouvernance mondiale de l’IA et les préparer au Sommet. 

Par ailleurs, le Centre Nord-Sud, en collaboration avec le Programme Sud VI « Renforcer l’espace juridique euro-méditerranéen pour une prospérité et sécurité humaine partagées » développe actuellement un nouveau cours HEY dédié à l’Intelligence Artificielle.