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L'UNESCO souligne que 40% des pays les plus pauvres n'ont pas rĂ©ussi Ă soutenir les apprenants Ă risque pendant la crise de COVID-19 et plaide pour l'inclusion dans l'Ă©ducation 24 juin 2020 Paris, 23 juin â Moins dâun pays sur dix dispose de lois qui contribuent Ă assurer la pleine inclusion dans l'Ă©ducation, selon le Rapport mondial de suivi sur l'Ă©ducation 2020 de l'UNESCO intitulĂ© Inclusion et Ă©ducation â Tous, sans exception.Celui-ci fournit une analyse approfondie des principaux facteurs d'exclusion des apprenants dans les systĂšmes Ă©ducatifs du monde entier, en examinant notamment les questions d'origine, d'identitĂ© et de capacitĂ© - sexe, Ăąge, lieu, pauvretĂ©, handicap, ethnicitĂ©, indigĂ©nĂ©itĂ©, langue, religion, statut de migrant ou de dĂ©placĂ©, orientation sexuelle ou expression de l'identitĂ© de genre, incarcĂ©ration, croyances et attitudes. Il constate une intensification de l'exclusion pendant la pandĂ©mie de Covid-19. Il estime qu'environ 40% des pays Ă faible et moyen revenu n'ont pas soutenu les apprenants dĂ©favorisĂ©s pendant la fermeture temporaire des Ă©coles.Le Rapport mondial de suivi sur l'Ă©ducation 2020 (GEM) exhorte les pays Ă se concentrer sur les personnes laissĂ©es pour compte lors de la rĂ©ouverture des Ă©coles afin de rendre les sociĂ©tĂ©s plus rĂ©silientes et plus Ă©galitaires. « Afin de relever les dĂ©fis de notre temps, il est impĂ©ratif d'Ă©voluer vers une Ă©ducation plus inclusive », a dĂ©clarĂ© la Directrice gĂ©nĂ©rale de l'UNESCO, Audrey Azoulay. « Repenser l'avenir de l'Ă©ducation est d'autant plus important aprĂšs la pandĂ©mie de Covid-19, qui a encore aggravĂ© et mis en lumiĂšre les inĂ©galitĂ©s. L'absence d'action entravera le progrĂšs des sociĂ©tĂ©s ». La persistance de l'exclusion. Le Rapport mondial de suivi sur lâĂ©ducation de cette annĂ©e est le quatriĂšme de cette sĂ©rie Ă suivre les progrĂšs rĂ©alisĂ©s dans 209 pays pour atteindre les objectifs en matiĂšre d'Ă©ducation adoptĂ©s par les Ătats membres des Nations unies dans le programme de dĂ©veloppement durable Ă lâhorizon 2030.Le Rapport rĂ©vĂšle que 258 millions d'enfants et de jeunes sont totalement privĂ©s dâinstruction, la pauvretĂ© Ă©tant le principal obstacle Ă leur accĂšs Ă l'Ă©ducation. Dans les pays Ă faible et moyen revenu, les adolescents issus des 20% de mĂ©nages les plus riches ont trois fois plus de chances de terminer le premier cycle de l'enseignement secondaire que ceux des mĂ©nages les plus pauvres. Parmi ceux qui ont achevĂ© le premier cycle de l'enseignement secondaire, les Ă©lĂšves des mĂ©nages les plus riches ont deux fois plus de chances de possĂ©der des compĂ©tences de base en lecture et en mathĂ©matiques que ceux des mĂ©nages les plus pauvres. MalgrĂ© l'objectif proclamĂ© dâassurer l'achĂšvement universel du deuxiĂšme cycle du secondaire d'ici 2030, pratiquement aucune jeune femme pauvre vivant en milieu rural ne termine ses Ă©tudes secondaires dans une vingtaine de pays, la plupart en Afrique subsaharienne.Toujours selon le Rapport, les Ă©lĂšves de 10 ans des pays Ă revenu moyen et Ă©levĂ© qui ont reçu un enseignement dans une langue autre que leur langue maternelle obtiennent gĂ©nĂ©ralement des rĂ©sultats infĂ©rieurs de 34% Ă ceux des locuteurs natifs dans les tests de lecture. Dans dix pays Ă faible et moyen revenu, les enfants handicapĂ©s ont 19% de chances en moins d'atteindre un niveau minimum en lecture que ceux qui ne sont pas handicapĂ©s. Aux Ătats-Unis, par exemple, les Ă©lĂšves LGBTI Ă©taient prĂšs de trois fois plus susceptibles de dire qu'ils avaient pu prĂ©fĂ©rer rester Ă la maison parce qu'ils ne se sentaient pas en sĂ©curitĂ© Ă l'Ă©cole.Des fondations inĂ©quitables. ParallĂšlement Ă la publication 2020, l'Ă©quipe du Rapport GEM a lancĂ© un nouveau site web, PEER, contenant des informations sur les lois et les politiques concernant l'inclusion dans l'Ă©ducation pour tous les pays du monde. Cet outil montre que de nombreux pays pratiquent encore la sĂ©grĂ©gation dans l'Ă©ducation, ce qui renforce les stĂ©rĂ©otypes, la discrimination et l'aliĂ©nation. Dans un quart des pays, les lois exigent que les enfants handicapĂ©s soient instruits dans des Ă©tablissements sĂ©parĂ©s, ce chiffre dĂ©passant les 40% en Asie, en AmĂ©rique latine et dans les CaraĂŻbes.Exclusion flagrante. Deux pays d'Afrique interdisent toujours l'accĂšs des filles enceintes Ă l'Ă©cole, 117 autorisent les mariages de mineurs, tandis que vingt pays n'ont pas ratifiĂ© la Convention 138 de l'Organisation internationale du travail (OIT) interdisant le travail des enfants. Dans plusieurs pays d'Europe centrale et orientale, les enfants roms sont victimes de sĂ©grĂ©gation dans les Ă©coles ordinaires. En Asie, les personnes dĂ©placĂ©es, comme les Rohingyas, sont scolarisĂ©es dans des systĂšmes d'enseignement parallĂšles. Dans les pays de l'OCDE, plus des deux tiers des Ă©lĂšves issus de l'immigration frĂ©quentent des Ă©coles oĂč ils reprĂ©sentent au moins 50% de la population scolaire, ce qui rĂ©duit leurs chances de rĂ©ussite. « La pandĂ©mie de Covid-19 nous a offert une rĂ©elle opportunitĂ© de repenser nos systĂšmes Ă©ducatifs », estime Manos Antoninis, directeur du Rapport mondial de suivi sur l'Ă©ducation. « Mais le passage vers un monde qui valorise et accueille la diversitĂ© ne se fera pas du jour au lendemain. Il existe une tension Ă©vidente entre l'enseignement dispensĂ© Ă tous les enfants sous un mĂȘme toit et la crĂ©ation d'un environnement oĂč les Ă©lĂšves apprennent le mieux. Mais le Covid-19 nous a montrĂ© qu'il Ă©tait possible de faire les choses diffĂ©remment si nous faisions lâeffort nĂ©cessaire ». Les croyances discriminatoires des parents constituent un obstacle Ă l'inclusion : environ 15% des parents en Allemagne et 59% Ă Hong Kong, en Chine, craignent que les enfants handicapĂ©s perturbent l'apprentissage des autres. Les parents d'enfants vulnĂ©rables souhaitent Ă©galement envoyer ces derniers dans des Ă©coles qui assurent leur bien-ĂȘtre et rĂ©pondent Ă leurs besoins. Dans le Queensland, en Australie, 37% des Ă©lĂšves des Ă©coles spĂ©ciales ont quittĂ© les Ă©tablissements ordinaires.Le Rapport montre Ă©galement que les systĂšmes Ă©ducatifs ne prennent souvent pas en compte les besoins spĂ©cifiques des apprenants. Seuls 41 pays dans le monde ont officiellement reconnu la langue des signes et, gĂ©nĂ©ralement, les Ă©coles sont plus dĂ©sireuses d'obtenir un accĂšs Ă l'internet que de s'occuper des Ă©lĂšves handicapĂ©s. Quelque 335 millions de filles ont frĂ©quentĂ© des Ă©coles qui ne leur fournissaient pas les services d'eau, d'assainissement et d'hygiĂšne dont elles avaient besoin pour continuer Ă assister aux cours pendant leurs menstruations.AliĂ©ner les apprenants. Lorsque les apprenants sont insuffisamment reprĂ©sentĂ©s dans les programmes et les manuels scolaires, ils peuvent se sentir exclus. Les filles et les femmes reprĂ©sentent 44% des rĂ©fĂ©rences dans les manuels scolaires de langue anglaise du secondaire en Malaisie et en IndonĂ©sie, 37% au Bangladesh et 24% dans la province du Pendjab au Pakistan. Les programmes scolaires de 23 pays europĂ©ens sur 49 n'abordent pas les questions d'orientation sexuelle, d'identitĂ© ou d'expression sexuelles.Les enseignants ont besoin et veulent une formation sur l'inclusion, que moins d'un enseignant sur dix du primaire dans dix pays francophones d'Afrique subsaharienne a dĂ©clarĂ© avoir reçue. Un quart des enseignants de 48 pays ont dĂ©clarĂ© qu'ils souhaitaient davantage de formation pour enseigner aux Ă©lĂšves ayant des besoins particuliers.Manque chronique de donnĂ©es de qualitĂ© sur les personnes laissĂ©es pour compte. PrĂšs de la moitiĂ© des pays Ă faible et moyen revenu ne recueillent pas suffisamment de donnĂ©es sur l'Ă©ducation des enfants handicapĂ©s. Les enquĂȘtes auprĂšs des mĂ©nages sont essentielles pour ventiler les donnĂ©es sur l'Ă©ducation en fonction des caractĂ©ristiques individuelles. Mais 41% des pays â oĂč vit 13% de la population mondiale â n'ont pas menĂ© d'enquĂȘtes ou, quand ils lâont fait, n'ont pas rendu publiques les donnĂ©es recueillies. Les chiffres sur l'apprentissage sont principalement tirĂ©s des Ă©coles et ne tiennent pas compte des personnes qui ne les frĂ©quentent pas. « Les donnĂ©es sont insuffisantes, ce qui nous empĂȘche dâavoir un portrait complet de la situation », explique M. Antoninis. « Il n'est donc pas Ă©tonnant que les inĂ©galitĂ©s soudainement mises en lumiĂšre lors de la pandĂ©mie nous aient pris par surprise ». Des signes de progrĂšs en matiĂšre d'inclusion. Le Rapport et son site internet PEER constatent que de nombreux pays utilisent des approches positives et innovantes pour assurer une transition vers l'inclusion. Beaucoup mettent en place des centres de ressources pour un certain nombre dâĂ©coles et permettent aux Ă©tablissements ordinaires d'accueillir les enfants d'Ă©coles spĂ©ciales, comme c'est le cas au Malawi, Ă Cuba et en Ukraine. La Gambie, la Nouvelle-ZĂ©lande et Samoa ont recours Ă des enseignants itinĂ©rants pour rejoindre les populations mal desservies.De nombreux pays ont Ă©galement fait des efforts pour rĂ©pondre aux besoins des diffĂ©rents apprenants ; par exemple, l'Ătat d'Odisha en Inde utilise 21 langues tribales dans ses salles de classe, le Kenya adapte son programme au calendrier nomade et, en Australie, les programmes de 19% des Ă©lĂšves sont adaptĂ©s par les enseignants afin que les rĂ©sultats attendus puissent correspondre aux besoins des Ă©lĂšves.Le Rapport propose du matĂ©riel pour une campagne numĂ©rique, « Tous, sans exception », qui promeut un ensemble de recommandations clĂ©s pour les dix prochaines annĂ©es. URL:https://en.unesco.org/news/lunesco-souligne-que-40-pays-plus-pauvres-nont-pas-reussi-soutenir-apprenants-risque-crise
Il faut agir contre le racisme et les discriminations ! Entretien avec Webster 20 juin 2020 Aly Ndiaye, alias Webster, est un vĂ©tĂ©ran de la scĂšne hip-hop quĂ©bĂ©coise. Actif depuis 1995, il parcourt dĂ©sormais le monde grĂące Ă ses concerts, ateliers dâĂ©criture et confĂ©rences. PassionnĂ© dâhistoire, le rappeur de Limoilou sâintĂ©resse particuliĂšrement Ă lâesclavage et la prĂ©sence noire au QuĂ©bec et au Canada depuis lâĂ©poque de la Nouvelle-France. Pourquoi la pandĂ©mie du COVID-19 a-t-elle alimentĂ© de nombreux actes et messages de haines ? La superposition entre une catastrophe, son lieu dâĂ©closion et la perception dâhabitudes culturelles diffĂ©rentes Ă©tait suffisante pour donner libre cours au racisme. Si on y ajoute la crainte pour plusieurs personnes dâune Ă©mergence de certains pays comme les prochaines super-puissances mondiales, il nâen fallait pas beaucoup plus pour que des gens, dans les mĂ©dias et sur la toile, ne glissent vers les rhĂ©toriques racistes du âPĂ©ril jauneâ des siĂšcles passĂ©s. Tandis que des pays faisaient face au racisme, des citoyens succombaient Ă la crainte de lâĂ©tranger comme accĂ©lĂ©rateur de cette pandĂ©mie; nous avons ainsi Ă©tĂ© tĂ©moins du traitement diffĂ©rentiel et nĂ©grophobe accordĂ© aux personnes africaines et afro-descendantes dans les restaurants, les hĂŽtels et les propriĂ©tĂ©s de certaines villes. Dans le webinaire UNESCO sur « Confronter ensemble lâhĂ©ritage de lâesclavage : le racisme » du 28 mai dernier, vous avez dit « Ce ne sont pas les races qui ont créé le racisme, mais le racisme qui a créé les races » (tdlr). A la lumiĂšre de ces propos, comment analyseriez-vous les manifestations de haine contre « lâautre » de notre contexte actuel ? Cette haine est ancrĂ©e dans un concept relativement rĂ©cent dâun point de vue historique; câest seulement au 18e siĂšcle, le siĂšcle des LumiĂšres, que la notion de race a Ă©tĂ© thĂ©orisĂ©e. Ainsi, Ă travers une catĂ©gorisation, une essentialisation et une hiĂ©rarchisation des ĂȘtres humains selon leur pigmentation, les penseurs, philosophes et thĂ©oriciens europĂ©ens ont Ă©chafaudĂ© une perception de âlâAutreâ qui prĂ©vaut encore aujourdâhui. Cette construction purement idĂ©ologique a confĂ©rĂ© un vernis de lĂ©gitimitĂ© intellectuelle Ă lâesclavage ainsi quâaux entreprises coloniales des derniers siĂšcles. Le monde moderne Ă©tant une rĂ©sultante de ces dynamiques coloniales passĂ©es, les biais raciaux, insĂ©parables de ces entreprises, ont continuĂ© Ă teinter les esprits Ă travers le 20e siĂšcle. Bien sĂ»r, nous avons commencĂ©, en tant quâhumain, Ă nous dĂ©partir de certaines de ces habitudes et mentalitĂ©s, mais les impacts sociaux et politiques de la pensĂ©e raciste qui a prĂ©valu pendant plusieurs siĂšcles demeurent bien rĂ©els. Selon vous, qui ĂȘtes un artiste hip-hop, un Ă©crivain, un historien et un confĂ©rencier, comment transmettre des leçons dâHistoire essentielles sur lâesclavage et le racisme aux jeunes dâaujourdâhui ? Jâai lâimpression que pour transmettre des notions dâhistoire et combattre le racisme, il faut dĂ©border du cadre acadĂ©mique habituel. Ce dernier est bien sĂ»r important (nous nâavons quâĂ penser au fait que lâesclavage et la prĂ©sence afro-descendante au QuĂ©bec et au Canada sont des sujets qui sont peu abordĂ©s ou ont mĂȘme Ă©tĂ© complĂštement expurgĂ©s de lâapprentissage de lâhistoire dans ce pays), mais je ne crois pas quâil soit suffisant pour faciliter la comprĂ©hension de certains concepts ou leur pĂ©rennisation dans les consciences et inconsciences collectives. Les arts, cependant, jouent un rĂŽle primordial dans la transmission de connaissances et leur rĂ©tention dans toutes les strates de la sociĂ©tĂ©. Ainsi, la musique, les livres, les arts visuels ou le cinĂ©ma sont des vecteurs essentiels Ă la meilleure comprĂ©hension de ces enjeux, quâils soient sociaux, politiques ou historiques. © Ludvig Germain Auclair Quel message pouvez-vous donner aux jeunes du monde entier qui souhaitent sâengager contre le racisme et les discriminations ? Quels moyens sont Ă leur disposition ? Toute personne peut faire une diffĂ©rence dâoĂč elle se trouve en sociĂ©tĂ©, quâimporte son Ăąge. En tant quâindividus, nous faisons toutes et tous partie de ce grand ensemble et nous avons un rĂŽle Ă jouer; chaque brique a son importance dans lâĂ©difice. Ainsi, une personne peut dĂ©cider de sâimpliquer dans un organisme local ou seulement sâorganiser avec quelques ami.e.s pour contribuer au changement. On peut dĂ©cider de faire des capsules informatives, des vidĂ©os humoristiques, des chansons thĂ©matiques ou tout simplement aller voter. Lâimportant est de comprendre que ce ne sont pas des dynamiques qui nous dĂ©passent, elles nous concernent toutes et tous en tant quâindividus. Par exemple, une personne peut contribuer en prenant position quand elle est tĂ©moin de paroles ou dâactes racistes; elle peut ainsi faire une diffĂ©rence dans sa salle de classe, dans son Ă©cole ou dans son quartier. Prendre le temps de sâĂ©duquer et de sâintĂ©resser Ă ces dynamiques est dĂ©jĂ un geste vers le changement. Cela prĂ©suppose avant tout une rĂ©flexion sĂ©rieuse sur soi et sur ses attitudes envers âlâAutreâ que lâon prĂ©sente comme diffĂ©rent. Voir aussi : Projet La Route de l'esclave Histoire gĂ©nĂ©rale de l'Afrique Promouvoir les droits humains, lâinclusion et la non-discrimination ONU Info: Le racisme est une plaie qui existe dans toutes les sociĂ©tĂ©s Podcast : Inclusion en temps de Covid-19 : confronter ensemble lâhĂ©ritage de lâEsclavage au Racisme Le racisme, ce leg de lâesclavage que nous devons confronter ensemble Inclusion en temps de Covid-19 : confronter ensemble lâhĂ©ritage de lâEsclavage au Racisme (en anglais) Une vidĂ©o complĂšte / un clip vidĂ©o de l'interview ***Aly Ndiaye, alias Webster est lâauteur dâun manuel dâĂ©criture hip-hop, Ă lâOmbre des Feuilles (QuĂ©bec AmĂ©rique, 2019), dâun livre jeunesse Ă propos dâOlivier Le Jeune, le premier esclave africain au Canada, Le Grain de Sable (Septentrion, 2019), et dâun livret «Lâesclavage au Canada » (Commission canadienne pour lâUNESCO, juin 2020) URL:https://fr.unesco.org/news/il-faut-agir-contre-racisme-discriminations-entretien-webster
Un nouveau rapport des Nations Unies montre que certains pays ne protĂšgent pas les enfants contre la violence 20 juin 2020 Alors mĂȘme que lâattention du monde est fixĂ©e sur les efforts pour contenir la pandĂ©mie de COVID-19, un enfant sur deux Ă travers le monde continue dâĂȘtre victime dâactes de violence physique, sexuelle ou psychologique, selon un nouveau rapport publiĂ© par lâUNESCO, lâOMS, lâUNICEF, la ReprĂ©sentante spĂ©ciale du SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de lâOrganisation des Nations Unies chargĂ©e de la question de la violence contre les enfants et le Partenariat pour lâĂ©limination de la violence. Le rapport â Rapport de situation 2020 sur la prĂ©vention de la violence Ă lâencontre des enfants dans le monde â met en lumiĂšre le nombre croissant dâenfants qui sont victimes de blessures, de handicaps et dâhomicide parce que les pays ne suivent pas les stratĂ©gies instaurĂ©es pour les en protĂ©ger. Premier de ce type, il dresse le tableau des progrĂšs accomplis par les pays par rapport au cadre « INSPIRE », un ensemble de sept stratĂ©gies pour prĂ©venir et combattre la violence Ă lâencontre des enfants. Le rapport contient les premiĂšres estimations mondiales des homicides parmi les enfants de moins de 18 ans. En 2017, on estime que 40 150 enfants ont Ă©tĂ© victimes dâun homicide. Il sâappuie Ă©galement sur les donnĂ©es du rapport 2019 de lâUNESCO, Au-delĂ des chiffres : en finir avec la violence et le harcĂšlement Ă lâĂ©cole, soulignant que le harcĂšlement constitue un problĂšme majeur Ă travers le monde, avec 32 % des Ă©lĂšves ĂągĂ©s de 11 Ă 15 ans victimes de harcĂšlement Ă lâĂ©cole de la part de leurs pairs, au moins une fois au cours du dernier mois. « Avec la pandĂ©mie de COVID-19 et la fermeture des Ă©tablissements scolaires quâelle a entraĂźnĂ©e, nous avons constatĂ© une augmentation de la violence et de la haine en ligne â y compris du harcĂšlement. Maintenant que les Ă©tablissements scolaires commencent Ă rouvrir, les enfants expriment leur crainte de retourner Ă lâĂ©cole » a dĂ©clarĂ© Audrey Azoulay, Directrice gĂ©nĂ©rale de lâUNESCO. « Nous sommes collectivement responsables de veiller Ă ce que tous les enfants soient en sĂ©curitĂ© Ă lâĂ©cole. Nous devons rĂ©flĂ©chir et agir collectivement pour en finir avec la violence en milieu scolaire et dans nos sociĂ©tĂ©s en gĂ©nĂ©ral. » Des progrĂšs inĂ©gaux dans la mise en Ćuvre des stratĂ©gies de prĂ©vention de la violence Selon le rapport, les lois qui interdisent les chĂątiments corporels infligĂ©s aux enfants en tous lieux, y compris Ă lâĂ©cole, ont le potentiel de rĂ©duire le nombre dâactes de violence perpĂ©trĂ©s par les adultes sur les enfants, ainsi quâentre les enfants. Pourtant, alors que 79 % des pays qui ont rĂ©pondu au rapport interdisent les chĂątiments corporels, seulement 30 % des rĂ©pondants estiment que les personnes responsables dâactes de violence sur les enfants, quel que soit le motif, et y compris les enseignants, seront sanctionnĂ©es. « Ce rapport nous rappelle sans ambages quâil ne suffit pas dâavoir de bonnes politiques et que nous devons Ćuvrer constamment Ă nous assurer que ces politiques soient appliquĂ©es » a dĂ©clarĂ© la Sous-Directrice gĂ©nĂ©rale de lâUNESCO pour lâĂ©ducation, Stefania Giannini. « Il sera impossible de parvenir Ă une Ă©ducation inclusive et Ă©quitable pour tous si les enfants ne peuvent pas apprendre dans des Ă©coles sĂ»res et exemptes de violence, y compris la violence perpĂ©trĂ©e par les Ă©lĂšves, les enseignants et dâautres membres du personnel scolaire, et les chĂątiments corporels. » La rĂ©ponse au COVID-19 et son impact sur les enfants Les mesures de confinement et la fermeture des Ă©tablissements scolaires ont limitĂ© les sources habituelles de soutien aux familles et aux personnes (amis, famille Ă©largie, professionnels). Les victimes ont encore moins la possibilitĂ© de gĂ©rer les crises et la rĂ©organisation de leur vie quotidienne. On a observĂ© une forte augmentation du nombre dâappels aux centres dâaide tĂ©lĂ©phonique aux enfants maltraitĂ©s et aux victimes de violence conjugale. Et alors que les communautĂ©s en ligne sont devenues essentielles pour permettre Ă de nombreux enfants de continuer Ă apprendre, Ă jouer et Ă bĂ©nĂ©ficier dâun soutien, on a observĂ© une recrudescence des comportements nĂ©fastes en ligne, dont le cyberharcĂšlement, les conduites Ă risque et lâexploitation sexuelle. URL:https://fr.unesco.org/news/nouveau-rapport-nations-unies-montre-que-certains-pays-ne-protegent-pas-enfants-contre-violence
Les implications socioculturelles du COVID-19 15 juin 2020 Professeur Fethi Mansouri, Chaire UNESCO, DiversitĂ© culturelle et justice sociale UniversitĂ© Deakin, Australie et coordinateur du rĂ©seau UNITWIN des Chaires UNESCO sur le dialogue interreligieux pour lâentente interculturelle, partage son point de vue sur les implications socioculturelles de COVID-19. Dans le monde entier, la rĂ©ponse au COVID-19 a Ă©tĂ© largement fondĂ©e sur la distanciation physique, bien que cela ait malheureusement Ă©tĂ© appelĂ© de maniĂšre abusive dans le discours formel et informel comme la distanciation sociale. Il y a une grande diffĂ©rence entre les deux concepts, la distanciation physique n'empĂȘchant pas nĂ©cessairement les contacts sociaux, tandis que la distanciation sociale suppose inĂ©vitablement une rupture de ces contacts. Mais pour que l'Ă©loignement physique n'engendre pas non plus l'Ă©loignement social et la dĂ©connexion interpersonnelle, certaines conditions sociĂ©tales doivent ĂȘtre remplies et rendues possibles sans discrimination. Celles-ci comprennent, avant tout, l'accĂšs aux infrastructures de base telles que le logement, lâaccĂšs Ă internet et une rĂ©ponse aux besoins Ă©lĂ©mentaires de la vie quotidienne. Malheureusement, Ă travers le monde et mĂȘme dans certaines sociĂ©tĂ©s dĂ©veloppĂ©es, cela n'a pas toujours Ă©tĂ© le cas. Les inĂ©galitĂ©s sociales et une marginalisation Ă©conomique accrues empĂȘchent une large proportion de la population mondiale de satisfaire ses besoins humains les plus Ă©lĂ©mentaires, sans parler de la capacitĂ© dâĂȘtre physiquement distant tout en Ă©tant socialement connectĂ© et soutenu de maniĂšre adĂ©quate pour rĂ©pondre aux besoins vitaux. Les inĂ©galitĂ©s sociales et Ă©conomiques accentuent le dĂ©fi que reprĂ©sente la gestion de la propagation rapide du COVID-19 dans le monde, mais ce qui est Ă©galement apparu, c'est le racisme systĂ©matique, en particulier envers les personnes dâorigine asiatique, Ă©migrĂ©es dans les sociĂ©tĂ©s occidentales. De nombreux cas d'attaques racistes dirigĂ©es Ă leur endroit ont Ă©tĂ© rapportĂ©s, dans de nombreux pays. Or, ce nâest pas un phĂ©nomĂšne nouveau. Un ensemble important de preuves Ă©tablies dĂ©montre qu'en pĂ©riode de crise - qu'elle soit Ă©conomique, environnementale, sĂ©curitaire ou sanitaire - les groupes minoritaires servent souvent de boucs Ă©missaires et sont soumis Ă des discours et des pratiques racistes, exclusifs et souvent violents. Le COVID-19 nous donne dĂ©jĂ Ă voir diffĂ©rents types de racismes visant les Asiatiques, allant de la cyberintimidation aux attaques physiques, aux trolls racistes, et Ă une variĂ©tĂ© de thĂ©ories du complot xĂ©nophobes qui ont Ă©tĂ© articulĂ©es non seulement par des citoyens ordinaires mais aussi par certains politiciens et dirigeants. Rien de tout cela ne sert l'agenda du dialogue interculturel et son focus sur le contact interculturel, la comprĂ©hension mutuelle, l'engagement respectueux et la solidaritĂ© intercommunautaire. Pourtant, l'un des principaux paradoxes de cette pandĂ©mie est peut-ĂȘtre que les dĂ©fis que reprĂ©sentent la distanciation physique et la perturbation des systĂšmes de prestation sociale ont mis la solidaritĂ©, locale comme transnationale, au premier plan de nos rĂ©ponses collectives. En effet, sur fond de confinement consĂ©cutif au COVID-19, nous avons vu Ă©merger de nombreuses pratiques crĂ©atives issues de la sociĂ©tĂ© civile reflĂ©tant les principes fondamentaux du dialogue interculturel. Celles-ci vont d'exemples concrets, tels que des citoyens de New York, de Paris et tant dâautres, se rĂ©unissant tous les soirs pour applaudir le personnel de santĂ©, Ă la solidaritĂ© intracommunautaire en ligne, oĂč les quartiers locaux travaillent ensemble pour garantir que les plus vulnĂ©rables, les personnes ĂągĂ©es et les plus dĂ©munis soient Ă©galement pris en charge. Ă une Ă©poque oĂč lâon constate une diminution des services sociaux, souvent assurĂ©s de façon diffĂ©rente du mode traditionnel auquel de nombreux bĂ©nĂ©ficiaires sont habituĂ©s, des actes d'altruisme et de soins sont signalĂ©s quotidiennement - individus et communautĂ©s de quartiers locaux livrant des courses aux personnes en difficultĂ©, prendre des nouvelles de voisins ĂągĂ©s et dâautres personnes dans le besoin. Il est vrai que la citoyennetĂ© est devenue le principal marqueur d'appartenance. Cependant, alors que les gouvernements resserrent les contrĂŽles aux frontiĂšres et ferment les aĂ©roports, de nombreux groupes au sein de la sociĂ©tĂ© civile ont travaillĂ© dur pour dĂ©fendre et exiger des droits et des protections pour les non-citoyens, en particulier les demandeurs d'asile et les travailleurs temporaires. A lâĂ©chelle internationale et en termes de relations entre les Ătats-nations, la solidaritĂ© transnationale est devenue Ă la fois une victime du COVID-19 et une composante clĂ© de la stratĂ©gie globale de rĂ©ponse collective. En effet, au moins au dĂ©but, la solidaritĂ© transnationale a Ă©tĂ© sacrifiĂ©e dans la prĂ©cipitation pour contenir, prĂ©venir et, espĂ©rons-le, Ă©radiquer le COVID-19. Ce fut le cas dans de nombreux pays qui se sont empressĂ©s de fermer leurs frontiĂšres aux non-citoyens, de mettre un terme Ă la mobilitĂ© internationale des Ă©tudiants, de fermer les aĂ©roports, tout cela sans pour autant stopper le commerce international et le tourisme. Toutes ces mesures reprĂ©sentent un coup dur pour la mondialisation et sa dĂ©pendance Ă la libre circulation des services, des personnes et des biens. C'est Ă©galement un coup portĂ© aux principes directeurs du dialogue interculturel, qui exigent un engagement dĂ©libĂ©ratif sur les questions d'intĂ©rĂȘt mutuel, y compris les passages de frontiĂšres et l'Ă©change de ces biens et services qui affectent la vie et les moyens de subsistance des individus au-delĂ des frontiĂšres. Mais la situation actuelle du COVID-19 nous offre Ă©galement l'espoir de nouvelles façons de former et de maintenir la solidaritĂ© entre les milieux culturels, les traditions religieuses, les systĂšmes politiques et les frontiĂšres gĂ©ographiques. Cette nouvelle solidaritĂ© transnationale, plus positive, s'est manifestĂ©e sous la forme d'une «diplomatie mĂ©dicale» interculturelle et transnationale, par laquelle des pays ont envoyĂ© mĂ©decins, ambulanciers paramĂ©dicaux, mĂ©dicaments et matĂ©riel mĂ©dical au-delĂ des frontiĂšres vers les pays les plus durement touchĂ©s par la pandĂ©mie et qui manquaient dâexpertise mĂ©dicale et dâapprovisionnement. Les exemples de Cuba, de la Chine et de l'Inde sont intĂ©ressants, oĂč des mĂ©decins, des mĂ©dicaments et du matĂ©riel mĂ©dical ont Ă©tĂ© respectivement utilisĂ©s pour s'engager dans cette nouvelle forme de solidaritĂ© transnationale Ă un moment de crise sanitaire aiguĂ«. Cette forme d'engagement transnational met en Ă©vidence la nature profondĂ©ment interdĂ©pendante de notre monde globalisĂ© et la mesure dans laquelle il est non seulement intimement interconnectĂ© mais, plus important encore, irrĂ©versiblement interdĂ©pendant. Notre ordre mondial post-COVID-19 doit tenir compte des leçons de cette pandĂ©mie alors qu'elle reconfigure les relations internationales, l'engagement interculturel et la solidaritĂ© transnationale de maniĂšre Ă nous permettre de mieux faire face aux crises futures lorsqu'elles se manifesteront. L'Ă©pidĂ©mie du coronavirus Ă Wuhan, en Chine, et sa propagation rapide Ă travers le monde, illustre cette interdĂ©pendance et met en Ă©vidence le besoin urgent d'une plus grande collaboration entre les domaines mĂ©dical, technologique, Ă©conomique, environnemental et social afin d'assurer la sĂ©curitĂ© et le bien-ĂȘtre de tous les citoyens du monde, indĂ©pendamment de la gĂ©ographie, de l'ethnie, de la religion ou du niveau de dĂ©veloppement Ă©conomique national. Ce que rĂ©vĂšlent des pandĂ©mies telles que le COVID-19, c'est que la communautĂ© internationale ne sera pas capable de contenir de maniĂšre optimale des virus hautement infectieux tant que demeureront des systĂšmes de santĂ© affaiblis dans les pays les moins dĂ©veloppĂ©s. Eliminer la menace sanitaire actuelle, ainsi que d'autres menaces mondiales, nĂ©cessitent dâautant plus de solidaritĂ© transnationale, plus de dialogue interculturel et un renforcement de capacitĂ©s plus Ă©quitables autour des objectifs ambitieux de dĂ©veloppement durable. La solidaritĂ© transnationale et le dialogue interculturel valent non seulement la peine d'ĂȘtre poursuivis pour leurs tendances utopiques, cosmopolites et Ă©thiques, mais aussi pour leur rĂŽle pratique, critique et transformationnel dans la garantie de la sĂ©curitĂ©, du bien-ĂȘtre et de la durabilitĂ© de l'ensemble de la communautĂ© internationale. *** Professeur Fethi Mansouri est directeur-fondateur de lâInstitut Alfred Deakin pour la citoyennetĂ© et la mondialisation de lâUniversitĂ© Deakin, (Melbourne, Australie). Il est titulaire de la Chaire UNESCO en recherche comparĂ©e sur la diversitĂ© culturelle et la justice sociale et coordonnateur du rĂ©seau UNITWIN sur le dialogue interreligieux pour lâentente interculturelle (IDIU). Email: fethi.mansouri@deakin.edu.auFethi Mansouri | Institut Alfred Deakin | Chaire UNESCO en recherche comparĂ©e sur la diversitĂ© culturelle et la justice sociale Ouvrages rĂ©cents:(2019), âContesting the Theological Foundations of Islamism and Violent Extremismâ.(2019, 2e Ă©dition en français): âL'interculturalisme Ă la croisĂ©e des chemins: perspectives comparatives sur les concepts, les politiques et les pratiquesâ. UNESCO Publishing, Paris. *** Les idĂ©es et opinions exprimĂ©es dans cet article sont celles de(s) l'auteur.rice(s) et ne reflĂštent pas nĂ©cessairement les vues de lâUNESCO. Les appellations employĂ©es dans cet article et la prĂ©sentation des donnĂ©es qui y figurent n'impliquent de la part de l'UNESCO aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones ou de leurs autoritĂ©s, ni quant au tracĂ© de leurs frontiĂšres ou limites. URL:https://fr.unesco.org/news/implications-socioculturelles-du-covid-19
LâUNESCO et ses partenaires lancent une enquĂȘte sur le personnel de lâĂ©ducation de la petite enfance (EPE) durant le COVID-19 en Afrique subsaharienne 9 juin 2020 Enseignante et enfant Ă la maternelle au SĂ©nĂ©gal / © UNICEF/ Julie Pudlowski Le bureau de l'UNESCO Ă Dakar et ses partenaires dans 48 pays d'Afrique subsaharienne ont lancĂ© une enquĂȘte auprĂšs du personnel chargĂ© de l'Ă©ducation de la petite enfance (EPE) pendant la pandĂ©mie COVID-19. L'enquĂȘte vise Ă recueillir des donnĂ©es sur la façon dont les enseignants de la petite enfance, les assistants d'enseignement, les directeurs de centres de la petite enfance et d'Ă©coles et les chefs d'Ă©tablissement rĂ©agissent aux pressions liĂ©es Ă la pandĂ©mie, afin de comprendre les besoins du personnel d'Ă©ducation de la petite enfance et apprendre Ă les soutenir. Depuis mars 2020, date Ă laquelle le nouveau coronavirus, COVID-19, a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© pandĂ©mie, les apprenants, les enseignants, les parents et toute la communautĂ© Ă©ducative ont Ă©tĂ© gravement touchĂ©s. L'Institut de statistique de l'UNESCO (ISU) estime que plus de 1,2 milliard d'Ă©lĂšves ont Ă©tĂ© touchĂ©s dans le monde et que des Ă©coles ont Ă©tĂ© fermĂ©es dans 150 pays. En Afrique subsaharienne, plus de 18,6 millions d'enseignants du prĂ©-primaire ont Ă©tĂ© touchĂ©s par la pandĂ©mie. Les prestataires de l'enseignement prĂ©-primaire doivent repenser leurs modalitĂ©s d'enseignement et faire face Ă des dĂ©fis sans prĂ©cĂ©dent, tels que les problĂšmes de santĂ© et de sĂ©curitĂ©, le stress et la prĂ©caritĂ© de leur situation professionnelle. Les enseignants et les directeurs de centres sont confrontĂ©s Ă des questions sur la maniĂšre de dispenser une formation continue et de prodiguer des soins, tout en gĂ©rant la fermeture de leurs centres, souvent sans avoir reçu de formation prĂ©alable sur la maniĂšre d'utiliser les solutions d'enseignement Ă distance, ou l'utilisation des technologies de l'information. Ces prĂ©occupations sont encore plus exacerbĂ©es par le statut vulnĂ©rable des prestataires et des Ă©ducateurs du prĂ©-primaire au sein de la structure globale du personnel Ă©ducatif. Le PĂŽle de qualitĂ© inter-pays sur le dĂ©veloppement de la petite enfance (PQIP-DPE) - ADEA), le RĂ©seau africain pour la petite enfance (AfECN), l'Ă©quipe de travail sur le DĂ©veloppement de la Petite Enfance et TALENT au sein du groupe de coordination rĂ©gionale sur lâODD4-Education 2030 pour lâAfrique de l'Ouest et du Centre (GRC4-AOC), l'OIT, l'UNESCO (y compris l'IIRCA), l'UNICEF et l'Organisation mondiale pour l'Ă©ducation prĂ©scolaire (OMEP) ont tous collaborĂ© pour adapter une enquĂȘte sur le personnel de l'EPE qui avait Ă©tĂ© lancĂ©e Ă l'origine par l'UNESCO, l'UNICEF et d'autres partenaires dans la rĂ©gion Asie-Pacifique. Les rĂ©sultats de l'enquĂȘte serviront Ă mieux comprendre les situations et les besoins du secteur de l'EPE et du personnel pour rĂ©pondre aux besoins des enfants en matiĂšre d'Ă©ducation et de bien-ĂȘtre en temps de crise. L'Ă©quipe de travail sur le dĂ©veloppement de la petite enfance au sein du GRC4-AOC prĂ©voit d'organiser un webinaire pour prĂ©senter et discuter des rĂ©sultats avec les parties prenantes rĂ©gionales et publiera une note d'orientation pour prĂ©senter les principaux rĂ©sultats. L'enquĂȘte sera en ligne jusqu'au 25 juin et est disponible en anglais, français et portugais :Anglais: https://forms.gle/79EjxPA2fxhrPzMfAFrançais: https://forms.gle/U38S7MtTrhc1Megb7Portuguais: https://forms.gle/RY6ZgbSjzkS4oMUH8 URL:https://fr.unesco.org/news/lunesco-ses-partenaires-lancent-enquete-personnel-leducation-petite-enfance-epe-durant-covid-19
La Coalition mondiale pour lâĂ©ducation facilite lâaccĂšs gratuit Ă lâenseignement Ă distance par Internet dans plusieurs pays 1 juin 2020 Les principaux opĂ©rateurs de tĂ©lĂ©phonie mobile participant Ă la Coalition mondiale pour l'Ă©ducation lancĂ©e par l'UNESCO intensifient leurs efforts pour accroĂźtre la connectivitĂ© et fournir un accĂšs gratuit aux contenus et programmes Ă©ducatifs en ligne pour les Ă©lĂšves et Ă©tudiants de toutes les rĂ©gions du monde exclus de leurs Ă©tablissements dâenseignement par lâĂ©pidĂ©mie de Covid-19. « Tandis que la Coalition mondiale pour l'Ă©ducation soutient Ă la fois les solutions en ligne et hors ligne, lâobjectif dâune connectivitĂ© universelle est un impĂ©ratif essentiel, particuliĂšrement lorsque les statistiques montrent que 43% des foyers dans le monde nâont pas accĂšs Ă Internet », a dĂ©clarĂ© la Directrice gĂ©nĂ©rale de l'UNESCO, Audrey Azoulay. « Les frais de connectivitĂ© sont aussi un obstacle important pour les Ă©tudiants issus de milieux dĂ©favorisĂ©s dans le monde et cette initiative de la Coalition est un exemple des solutions concrĂštes qui peuvent Ă©merger de la coopĂ©ration entre les Nations Unies et le secteur privĂ© », a-t-elle ajoutĂ©. « En assurant la gratuitĂ© des frais de connexion vers des contenus Ă©ducatifs dans un certain nombre de pays, ces entreprises envoient un signal fort sur la nĂ©cessitĂ© de fournir un accĂšs gratuit aux solutions d'Ă©ducation en ligne, en particulier lorsque les Ă©coles restent fermĂ©es ». Orange et Vodafone, notamment, proposent gratuitement des connexions aux plateformes d'enseignement Ă distance dans certains pays en rĂ©ponse aux fermetures d'Ă©coles, qui touchent encore 1,26 milliard d'Ă©lĂšves et dâĂ©tudiants dans le monde. En Afrique subsaharienne, Orange, par l'intermĂ©diaire de ses filiales, fournit un accĂšs Internet gratuit Ă des plateformes d'apprentissage accrĂ©ditĂ©es au Burkina Faso, en GuinĂ©e, au Mali et en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo. Des offres similaires sont prĂ©vues au Botswana, au Cameroun, en CĂŽte d'Ivoire, au Liberia et Ă Madagascar. La pratique s'Ă©tend Ă d'autres rĂ©gions : en Ăgypte, en Jordanie, au Maroc et en Tunisie, une connexion gratuite est fournie aux contenus Ă©ducatifs numĂ©riques. « Depuis plusieurs annĂ©es, Orange a lâambition dâamĂ©liorer lâaccĂšs Ă lâĂ©ducation pour tous. Câest dans ce cadre que nous avons ouvert nos Ăcoles numĂ©riques ou encore lancĂ© nos forfaits data mobiles Ă tarification sociale dĂ©diĂ©s Ă la formation en ligne », explique Alioune Ndiaye, Directeur exĂ©cutif d'Orange pour le Moyen-Orient et l'Afrique. « DĂšs le mois dâavril, la grande majoritĂ© de nos filiales a proposĂ© des accĂšs gratuits Ă des contenus scolaires et universitaires de nos partenaires afin de permettre aux Ă©tudiants et Ă©lĂšves de continuer d'apprendre de chez eux. Nous espĂ©rons que lâapprentissage en ligne, qui a maintenant dĂ©montrĂ© sa valeur ajoutĂ©e, continuera Ă se dĂ©velopper en Afrique en complĂ©ment des moyens traditionnels ». Aux Ăźles Samoa, Vodafone fournit Ă environ 80 000 apprenants une carte SIM d'Ă©tudiant gratuite qui comprend un accĂšs illimitĂ© aux donnĂ©es 4G sur une sĂ©rie de sites Internet Ă©ducatifs agréés. L'entreprise travaille avec le ministĂšre de l'Ă©ducation, des sports et de la culture ainsi quâavec l'UNESCO pour dĂ©velopper et hĂ©berger un portail d'apprentissage en ligne gratuit pour les Ă©tudiants qui utilisent le programme national d'apprentissage. « Notre investissement dans l'avenir de nos enfants en dit long sur nos valeurs et notre mission. Vodafone vise Ă donner aux gĂ©nĂ©rations futures les moyens d'ĂȘtre les meilleures Ă lâaune de leurs aspirations. Cette initiative et la carte SIM Ă©tudiante gratuite ont tout ce qu'il faut pour vous permettre de poursuivre vos Ă©tudes et de rĂ©ussir sur le plan scolaire », explique Satish Sharma, PDG de Vodafone. L'Organisation des Nations Unies pour lâĂ©ducation, la science et la culture estime qu'en dĂ©pit des efforts dĂ©ployĂ©s par les gouvernements du monde entier pour offrir un enseignement alternatif Ă distance, au moins 500 millions dâapprenants sont actuellement exclus de l'enseignement public en partie Ă cause du manque de connectivitĂ©. Alors que la proportion de jeunes n'ayant pas accĂšs Ă Internet Ă la maison est infĂ©rieure Ă 15% en Europe occidentale et en AmĂ©rique du Nord, elle atteint 80% en Afrique subsaharienne. Bien que les tĂ©lĂ©phones mobiles puissent permettre aux apprenants d'accĂ©der Ă l'information, de se connecter Ă la fois avec leurs enseignants et entre eux, environ 56 millions d'Ă©lĂšves vivent dans des lieux non desservis par les rĂ©seaux mobiles, dont prĂšs de la moitiĂ© en Afrique subsaharienne. Pour tirer les enseignements de lâexpĂ©rience de ces derniers mois et explorer les solutions susceptibles de permettre de combler la fracture numĂ©rique, lâUNESCO a organisĂ© un webinaire sur la connectivitĂ© le 22 mai qui a notamment rĂ©uni des partenaires de la Coalition â Union internationale des tĂ©lĂ©communications (UIT), Microsoft, Ericsson, Fondation Mastercard ainsi que plusieurs chaires UNESCO spĂ©cialisĂ©es dans les domaines de la technologie et de lâĂ©ducation. Tous ont soulignĂ© la nĂ©cessitĂ© de collaborer pour fournir une connectivitĂ© publique afin de maintenir le droit Ă lâĂ©ducation, tout en facilitant lâapprentissage numĂ©rique Ă l'intĂ©rieur et Ă l'extĂ©rieur de la salle de classe, en tirant parti de nouveaux modĂšles de financement, en particulier au profit des zones les plus mal desservies. La Coalition mondiale pour l'Ă©ducation, qui regroupe plus dâune centaine de partenaires, a Ă©tĂ© lancĂ©e le 26 mars pour mettre en commun les talents et les ressources d'un large Ă©ventail dâentitĂ©s publiques et privĂ©es afin de dĂ©ployer des solutions d'apprentissage Ă distance inclusives et Ă©quitables, et de les faire correspondre aux besoins des pays, en mettant l'accent sur la connectivitĂ©, les enseignants et le genre. **** Contact mĂ©dias : Clare OâHagan, Service de presse de lâUNESCO : +33(0)1 45 68 17 29, c.o-hagan@unesco.org URL:https://fr.unesco.org/news/coalition-mondiale-leducation-facilite-lacces-gratuit-lenseignement-distance-internet-plusieurs
Appel Ă soumissions et propositions de candidature pour les Prix internationaux dâalphabĂ©tisation 2020 de lâUNESCO 20 mai 2020 LâUNESCO a lancĂ© lâappel Ă soumissions et propositions de candidature pour les Prix internationaux dâalphabĂ©tisation 2020. Cette annĂ©e, lâOrganisation rĂ©compensera cinq personnes ou organisations du monde entier pour des projets remarquables promouvant lâalphabĂ©tisation et rĂ©pondant au thĂšme « Enseignement et apprentissage de lâalphabĂ©tisation : rĂŽle des Ă©ducateurs et Ă©volution des pĂ©dagogies ». Le thĂšme de cette annĂ©e met en lumiĂšre les enseignants, qui sont en premiĂšre ligne de lâalphabĂ©tisation, et leur contribution Ă la promotion de lâalphabĂ©tisation des jeunes et des adultes, en lien avec la cible 4.6 de lâobjectif de dĂ©veloppement durable relatif Ă lâĂ©ducation (ODD 4), qui envisage lâalphabĂ©tisation comme un apprentissage continu tout au long de la vie. Depuis 1967, les Prix internationaux dâalphabĂ©tisation de lâUNESCO rĂ©compensent lâexcellence et lâinnovation dans le domaine de lâalphabĂ©tisation. Plus de 485 projets et programmes du monde entier ont Ă©tĂ© distinguĂ©s et ont reçu un soutien grĂące Ă leur excellent travail. Qui peut soumettre ou proposer une candidature ? Les gouvernements, organisations non gouvernementales (ONG) et particuliers qui contribuent Ă la promotion de lâalphabĂ©tisation Ă travers des projets et programmes sont invitĂ©s Ă soumettre une candidature. Toutes les candidatures doivent ĂȘtre prĂ©sentĂ©es aux entitĂ©s proposantes, telles que la commission nationale pour lâUNESCO du pays du programme, ou une ONG entretenant des relations officielles avec lâUNESCO. Les candidats peuvent soumettre leur candidature sur la plate-forme en ligne. Des informations plus dĂ©taillĂ©es sur le processus de soumission et de proposition de candidature sont disponibles sur le site Web des Prix internationaux dâalphabĂ©tisation de lâUNESCO. Les commissions nationales pour lâUNESCO et les organisations non gouvernementales entretenant des relations officielles avec lâUNESCO sont encouragĂ©es Ă proposer la candidature de particuliers, dâinstitutions et dâorganisations qui apportent une contribution exceptionnelle Ă la promotion de lâalphabĂ©tisation et ont demandĂ© la proposition de leur candidature. Date limite de soumission des candidatures par les candidats aux entitĂ©s proposantes : 28 juin 2020 (minuit, heure de Paris). Date limite de soumission des propositions de candidature par les entitĂ©s proposantes Ă lâUNESCO : 12 juillet 2020 (minuit, heure de Paris). Les propositions de candidature seront Ă©valuĂ©es par un jury international indĂ©pendant, composĂ© de cinq experts, en fonction des critĂšres de sĂ©lection des Prix. Sur la base des recommandations du jury international, la Directrice gĂ©nĂ©rale de lâUNESCO choisira les candidats qui seront rĂ©compensĂ©s lors de la JournĂ©e internationale de lâalphabĂ©tisation (8 septembre). Ă propos des Prix Ă travers deux prestigieux prix dâalphabĂ©tisation, lâUNESCO soutient les pratiques dâalphabĂ©tisation efficaces et la promotion de sociĂ©tĂ©s alphabĂ©tisĂ©es dynamiques, en vue de rĂ©duire les Ă©carts dâalphabĂ©tisme qui touchent environ 750 millions de personnes. LâUNESCO dĂ©cerne deux prix dâalphabĂ©tisation Ă cinq laurĂ©ats en tout : Le Prix dâalphabĂ©tisation UNESCO-Roi Sejong (2 prix), qui a Ă©tĂ© créé en 1989 et qui est financĂ© par le Gouvernement de la RĂ©publique de CorĂ©e. Il accorde une attention particuliĂšre aux programmes axĂ©s sur le dĂ©veloppement et lâutilisation des langues maternelles dans lâĂ©ducation et la formation en matiĂšre dâalphabĂ©tisation. Le Prix UNESCO-Confucius dâalphabĂ©tisation (3 prix), qui a Ă©tĂ© créé en 2005 et qui est financĂ© par le Gouvernement de la RĂ©publique populaire de Chine. Il distingue des programmes promouvant lâalphabĂ©tisation au service des adultes et des jeunes non scolarisĂ©s, et en particulier des femmes et des jeunes filles, vivant en milieu rural. Chacun des cinq laurĂ©ats reçoit une mĂ©daille, un diplĂŽme et 20 000 US $. Contact : literacyprizes@unesco.org(link sends e-mail) Prix internationaux dâalphabĂ©tisation de lâUNESCO URL:https://fr.unesco.org/news/appel-soumissions-propositions-candidature-prix-internationaux-dalphabetisation-2020-lunesco
Les universitĂ©s s'attaquent Ă l'impact du COVID-19 sur les Ă©tudiant.e.s dĂ©favorisĂ©.e.s 13 mai 2020 La coopĂ©ration entre l'UNESCO et ses Chaires traitant des droits humains et des questions d'inclusion sociale dĂ©coule de la nĂ©cessitĂ© de mieux comprendre l'impact social du COVID-19 sur les segments les plus vulnĂ©rables de la population et les mesures d'attĂ©nuation adoptĂ©es jusqu'Ă prĂ©sent. Avec la fermeture des Ă©tablissements scolaires Ă tous les niveaux dans 191 pays, l'apprentissage se poursuit Ă distance et notamment grĂące aux solutions numĂ©riques. Pourtant, pour de nombreux Ă©tudiant.e.s de l'enseignement supĂ©rieur, l'apprentissage en ligne n'est pas une option. Surmonter la fracture numĂ©rique et Ă©conomique Le premier obstacle est la fracture numĂ©rique. Selon l'Union internationale des tĂ©lĂ©communications des Nations Unies, avant l'Ă©pidĂ©mie de COVID-19, seuls 47% de la population des pays en dĂ©veloppement utilisaient l'Internet - contre 86% de la population des pays dĂ©veloppĂ©s. Comme le souligne la Chaire sur la culture de la paix et l'Ă©ducation de lâuniversitĂ© technique privĂ©e de Loja (Ăquateur), « au moins 60% de la population Ă©tudiante a Ă©tĂ© touchĂ©e par la pandĂ©mie, car beaucoup n'ont pas les moyens ou les outils pour accĂ©der Ă l'enseignement en ligne. Ătant donnĂ© que le COVID-19 a un impact considĂ©rable sur les Ă©tudiant.e.s, des rĂ©ponses rapides sont nĂ©cessaires ». Bien que les Ă©lĂšves du primaire et du secondaire semblent ĂȘtre les plus touchĂ©.e.s, la fracture numĂ©rique peut Ă©galement ĂȘtre observĂ©e au niveau universitaire, mĂȘme dans les pays dĂ©veloppĂ©s. Selon la Chaire de philosophie pour la paix de l'universitĂ© Jaume I (Espagne), « quand il sâagit de lâĂ©ducation, le COVID-19 met en Ă©vidence la grande fracture numĂ©rique qui existe encore aujourd'hui, au XXIe siĂšcle. Ă l'universitĂ© Jaume I, selon les Ă©tudiant.e.s, il y a des gens qui souffrent de cette situation ». En ce qui concerne la fracture numĂ©rique, « la situation socio-Ă©conomique des Ă©tudiant.e.s et de leurs familles est un facteur aggravant », observe la Chaire sur la citoyennetĂ© dĂ©mocratique et la libertĂ© culturelle de l'universitĂ© de La Rioja (Espagne). En effet, les Ă©tudiant.e.s en situation de dĂ©tresse Ă©conomique sont plus susceptibles d'avoir un accĂšs Ă Internet mĂ©diocre ou inexistant - parce qu'ils ne peuvent pas se permettre le coĂ»t d'un ordinateur portable ou dâune connexion Internet, ou parce qu'ils vivent dans des zones blanches. Par exemple, selon la Chaire en population, migrations et dĂ©veloppement de l'universitĂ© Sapienza de Rome, en Italie, environ 25 % des familles ne disposent pas d'une connexion Ă haut dĂ©bit et parmi elles, 20,6% se trouvent dans le Trentin - au nord - et 35,7% en Calabre - au sud de l'Italie. Ces fractures numĂ©rique et Ă©conomique, combinĂ©es Ă un confinement prolongĂ©, auront pour consĂ©quence dâexacerber le dĂ©calage des Ă©tudiant.e.s concernĂ©.e.s. Consciente de la fracture numĂ©rique existante, l'universitĂ© de La Rioja en a tenu compte dans ses instructions pour l'adaptation des activitĂ©s d'enseignement Ă distance de l'annĂ©e acadĂ©mique 2019-2020. Selon la Chaire, « d'une part, il a Ă©tĂ© prĂ©cisĂ© que les nouvelles modalitĂ©s dâenseignement devraient prendre en considĂ©ration la capacitĂ© technologique disponible au domicile des Ă©tudiant.e.s [...] D'autre part, si les Ă©tudiant.e.s rencontrent des problĂšmes de nature technologique, il est recommandĂ© qu'ils informent le corps enseignant ou la direction des Ă©tudes de leur diplĂŽme ». Les Chaires UNESCO de l'universitĂ© de Cordoue (Espagne) et de l'universitĂ© Jaume I (Espagne) rapportent que leurs universitĂ©s d'accueil ont offert aux Ă©tudiant.e.s en difficultĂ© Ă©conomique la possibilitĂ© d'emprunter des ordinateurs portables et des clĂ©s USB 4G, dans le but de leur permettre d'accĂ©der Ă l'enseignement en ligne. © Shutterstock.com/Rawpixel.com Inclure les Ă©tudiant.e.s en situation de handicap Les Ă©tudiant.e.s en situation de handicap sont parmi les plus touchĂ©.e.s car ils ont besoin d'un soutien spĂ©cifique et d'outils pĂ©dagogiques qui ne sont pas toujours disponibles avec l'enseignement Ă distance. Les Chaires UNESCO de l'universitĂ© de Zagreb (Croatie) et de l'universitĂ© de Padoue (Italie) font Ă©tat des actions spĂ©cifiques menĂ©es par leurs institutions d'accueil. Depuis l'annonce du Recteur sur l'enseignement Ă distance, le Centre d'apprentissage en ligne du centre informatique de l'universitĂ© de Zagreb suit et soutient les professeur.e.s dans la mise en Ćuvre de l'enseignement en ligne. Afin de garantir un enseignement Ă distance inclusif, les enseignant.e.s sont appelĂ©.e.s Ă appliquer des instructions et des recommandations spĂ©cifiques, telles que les lignes directrices Ă©laborĂ©es par le Bureau des Ă©tudiant.e.s en situation de handicap. Le Bureau a Ă©tĂ© créé en 2007 dans le but de donner des chances Ă©gales aux Ă©tudiant.e.s qui, en raison d'une maladie, d'une dĂ©ficience ou d'un handicap, ont des difficultĂ©s Ă remplir leurs obligations acadĂ©miques quotidiennes. Le Bureau de l'inclusion de l'universitĂ© de Padoue a sensibilisĂ© tous les professeur.e.s proposant des cours en ligne aux besoins des Ă©tudiant.e.s malentendant.e.s, qui bĂ©nĂ©ficient normalement de services de stĂ©notypie. En outre, il a publiĂ© sur son site web des lignes directrices spĂ©cifiques sur la maniĂšre de rendre les outils pĂ©dagogiques, tels que les vidĂ©os et les prĂ©sentations PowerPoint, accessibles aux Ă©tudiant.e.s qui vivent avec des handicaps auditifs et visuels. AttĂ©nuer la perte des moyens de subsistance Une autre vulnĂ©rabilitĂ© causĂ©e par la crise susceptible dâavoir un impact indirect sur l'apprentissage est la dĂ©tresse Ă©conomique accrue des Ă©tudiant.e.s en raison de la perte de revenus. Par exemple, la Chaire de l'universitĂ© de Maastricht (Pays-Bas) rapporte que « de nombreux Ă©tudiant.e.s Ă©tranger.e.s et hors campus, qui dĂ©pendent habituellement d'emplois Ă temps partiel pour couvrir les frais de scolaritĂ©, ont perdu leurs revenus en raison de la fermeture d'activitĂ©s Ă©conomiques non essentielles ». En rĂ©ponse, l'universitĂ© a lancĂ© une campagne de financement participatif et offre aux Ă©tudiant.e.s la possibilitĂ© d'obtenir un prĂȘt sans intĂ©rĂȘt pendant quelques mois. En Espagne, la Chaire de l'universitĂ© Jaume I rapporte la dĂ©cision de cette derniĂšre de reporter le paiement des frais de scolaritĂ© du mois d'avril pour plus de 5 200 Ă©tudiant.e.s en licence et en master afin d'attĂ©nuer l'impact Ă©conomique du COVID-19. Les rĂ©ponses de l'UNESCO L'UNESCO a Ă©tĂ© en premiĂšre ligne pour relever les dĂ©fis liĂ©s Ă l'adoption de l'enseignement en ligne depuis le dĂ©but de la pandĂ©mie. En plus de surveiller les fermetures d'Ă©coles et leur impact sur les apprenant.e.s dans le monde entier, l'Organisation se concentre sur le renforcement des capacitĂ©s des systĂšmes d'enseignement Ă distance afin de surmonter la fracture numĂ©rique grĂące Ă des ressources fournissant un soutien aux enseignant.e.s, aux parents et aux soignants ; une liste de solutions de gestion de l'enseignement Ă distance et un rĂ©pertoire Ă©volutif des rĂ©ponses nationales recueillies auprĂšs des pays. ParallĂšlement, l'Organisation renforce sa coopĂ©ration avec la communautĂ© des REL (ressources Ă©ducatives ouvertes) pour : soutenir les matĂ©riels d'enseignement et d'apprentissage sous licence libre dans le cadre de la recommandation de l'UNESCO sur les REL de 2019 ; identifier les MOOC et les REL qui peuvent fournir des cours en ligne et des contenus d'apprentissage autodidactique par le biais de plateformes mobiles et de bureau ; soutenir, par le biais de l'initiative OER4Covid, la transition vers un apprentissage en ligne utilisant les REL pendant la pandĂ©mie de COVID-19. Cet article a Ă©tĂ© prĂ©parĂ© avec les contributions de : la Chaire UNESCO sur la rĂ©solution des conflits de l'universitĂ© de Cordoue (Espagne) ; la Chaire UNESCO de philosophie pour la paix de l'universitĂ© Jaume I (Espagne) ; la Chaire UNESCO sur la citoyennetĂ© dĂ©mocratique et la libertĂ© culturelle de l'universitĂ© de La Rioja (Espagne) ; la Chaire UNESCO sur les droits de l'homme et la paix de l'universitĂ© de Maastricht (Pays-Bas) ; la Chaire UNESCO sur les droits de l'homme, la dĂ©mocratie et la paix de l'universitĂ© de Padoue (Italie) ; la Chaire UNESCO sur la libre circulation des personnes, les migrations et le dialogue interculturel de l'universitĂ© de Zagreb (Croatie). Compte tenu de la pĂ©nurie de donnĂ©es fiables disponibles, l'UNESCO a envoyĂ© aux Chaires un bref questionnaire pour recueillir des informations et renforcer la base de preuves. Sur la base de leurs rĂ©ponses, des articles seront publiĂ©s en ligne. Le partage d'informations et d'expĂ©riences sera poursuivi et ce dialogue pourrait dĂ©boucher sur des initiatives coordonnĂ©es dans la phase post-pandĂ©mique afin de renforcer la solidaritĂ© et de rĂ©duire la vulnĂ©rabilitĂ© face Ă de futures situations d'urgence inattendues et prolongĂ©es. URL:https://fr.unesco.org/news/universites-sattaquent-limpact-du-covid-19-etudiantes-defavorisees 