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Default news image Un demi-milliard de personnes pourraient basculer dans la pauvretĂ© Ă  cause du coronavirus, alerte Oxfam 12 mai 2020 Les retombĂ©es Ă©conomiques de la pandĂ©mie de coronavirus pourraient prĂ©cipiter un demi-milliard de personnes supplĂ©mentaires dans la pauvretĂ©, si rien n’est fait pour aider les pays en dĂ©veloppement, a dĂ©clarĂ© aujourd'hui Oxfam. À l'approche de rĂ©unions dĂ©cisives qui auront lieu la semaine prochaine entre la Banque mondiale et le Fonds monĂ©taire international (FMI) d’un cĂŽtĂ© et entre ministres des Finances du G20 de l’autre, l'organisation appelle les dirigeant-e-s mondiaux/ales Ă  conclure un « Plan de sauvetage Ă©conomique pour tou-te-s » afin de maintenir les pays et les communautĂ©s pauvres Ă  flot.Dans son nouveau rapport Le prix de la dignitĂ©, Oxfam prĂ©sente des analyses rĂ©centes indiquant qu’entre 6 et 8 % de la population mondiale pourrait basculer dans la pauvretĂ© alors que les gouvernements mettent Ă  l'arrĂȘt des Ă©conomies entiĂšres afin de maĂźtriser la propagation du virus. Cela constitue un recul potentiel de dix ans pour la lutte contre la pauvretĂ©, voire de 30 ans dans certaines rĂ©gions comme l’Afrique sub-saharienne, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Plus de la moitiĂ© de la population mondiale pourrait vivre sous le seuil de pauvretĂ© Ă  la suite de la pandĂ©mie.L’analyse, publiĂ©e aujourd’hui par l’Institut mondial pour la recherche en Ă©conomie du dĂ©veloppement de l’UniversitĂ© des Nations Unies, a Ă©tĂ© menĂ©e par des chercheurs/euses du King’s College de Londres et l’UniversitĂ© nationale australienne.Un « Plan de sauvetage Ă©conomique pour tou-te-s » fournirait aux pays pauvres des subventions en espĂšces aux personnes ayant perdu leur revenu et de renflouer les petites entreprises. Ce plan peut ĂȘtre financĂ© par le biais de plusieurs mesures, y compris : L’annulation immĂ©diate du remboursement de la dette des pays en dĂ©veloppement en 2020 Ă  hauteur de 1 000 milliards de dollars. Avec une annulation du remboursement de sa dette extĂ©rieure en 2020, le Ghana pourrait fournir 20 dollars par mois Ă  chacun des 16 millions d’enfants, de personnes handicapĂ©es et de personnes ĂągĂ©es du pays pendant six mois.   La crĂ©ation de rĂ©serves internationales d’au moins 1 000 milliards de dollars, connues sous le nom de droits de tirage spĂ©ciaux, afin d’augmenter considĂ©rablement les fonds disponibles pour les pays. En Éthiopie, cela reprĂ©senterait pour le gouvernement 630 millions de dollars supplĂ©mentaires, assez pour augmenter les dĂ©penses de santĂ© publique de 45 %.  Jose Maria Vera, directeur par intĂ©rim d'Oxfam International, a dĂ©clarĂ© : Â« Les retombĂ©es Ă©conomiques dĂ©vastatrices de la pandĂ©mie se font ressentir partout dans le monde. Mais les populations des pays pauvres, qui peinent dĂ©jĂ  Ă  survivre avec des emplois prĂ©caires peu rĂ©munĂ©rĂ©s, ne peuvent compter sur presque aucun filet de sĂ©curitĂ© pour ne pas sombrer dans la pauvretĂ©. »« Les ministres des Finances du G20, le FMI et la Banque mondiale doivent accorder aux pays en dĂ©veloppement une injection immĂ©diate de liquiditĂ©s pour les aider Ă  soutenir les personnes et communautĂ©s vulnĂ©rables. Ils doivent annuler le remboursement de la dette pour tous les pays en dĂ©veloppement en 2020 et encourager les autres crĂ©anciers Ă  leur emboĂźter le pas et Ă©mettre au moins 1 000 milliards de droits de tirage spĂ©ciaux. »Les inĂ©galitĂ©s existantes ont une influence sur l’impact Ă©conomique de la crise. Les travailleurs et travailleuses les plus pauvres dans les pays riches et pauvres sont moins susceptibles d'occuper un emploi formel, de bĂ©nĂ©ficier de protections en matiĂšre d'emploi comme une indemnitĂ© maladie ou la possibilitĂ© de tĂ©lĂ©travailler. Dans le monde, sur cinq personnes sans emploi, une seule a accĂšs Ă  des allocations de chĂŽmage. Deux milliards de personnes travaillent dans le secteur informel sans aucun droit Ă  une indemnitĂ© maladie. La plupart vivent dans les pays pauvres, oĂč 90 % des emplois sont informels, contre seulement 18 % dans les pays riches.Alors que les femmes sont en premiĂšre ligne de la mobilisation contre le virus, elles sont susceptibles d’ĂȘtre les plus durement touchĂ©es financiĂšrement. Les femmes constituent prĂšs de 70 % du personnel de santĂ© dans le monde et fournissent 75 % du travail de soin non rĂ©munĂ©rĂ©, notamment auprĂšs des enfants, des personnes malades et des personnes ĂągĂ©es. Les femmes sont aussi plus susceptibles d'occuper des emplois prĂ©caires faiblement rĂ©munĂ©rĂ©s, qui sont les emplois les plus menacĂ©s par la crise actuelle. Au Bangladesh, plus d'un million de personnes travaillant dans l'industrie textile, dont 80 % sont des femmes, ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© licenciĂ©-e-s ou ont arrĂȘtĂ© de travailler sans avoir reçu leur salaire suite Ă  l'annulation ou Ă  la suspension de commandes d'enseignes occidentales. Beaucoup de pays riches ont dĂ©veloppĂ© des plans de relance Ă©conomique de plusieurs milliards de dollars pour soutenir les entreprises et les travailleurs et travailleuses, mais la plupart des pays en dĂ©veloppement ne disposent pas des ressources suffisantes pour faire de mĂȘme. Selon les estimations des Nations Unies, ce sont prĂšs de la moitiĂ© des emplois qui pourraient disparaĂźtre en Afrique. Micah Olywangu, chauffeur de taxi et pĂšre de trois enfants Ă  Nairobi, au Kenya, n'a pas effectuĂ© de course depuis que le confinement a entraĂźnĂ© la fermeture de l'aĂ©roport, des bars et restaurants. « Le virus va nous affamer avant de nous rendre malades  Â», confie-t-il Ă  Oxfam.  Fournir les 2 500 milliards de dollars nĂ©cessaires selon les Nations Unies pour soutenir les pays en dĂ©veloppement pendant la pandĂ©mie requiert 500 milliards de dollars supplĂ©mentaires en aide au dĂ©veloppement, dont 160 milliards, qui selon Oxfam, sont nĂ©cessaires pour renforcer les systĂšmes de santĂ© publique des pays pauvres et 2 milliards en faveur du fonds humanitaire des Nations Unies. D'autres ressources peuvent ĂȘtre mobilisĂ©es grĂące Ă  la mise en place en urgence d'impĂŽts de solidaritĂ©, comme un impĂŽt sur les bĂ©nĂ©fices excĂ©dentaires ou sur les grandes fortunes.  Â« Les gouvernements doivent impĂ©rativement retenir les leçons de la crise financiĂšre de 2008 oĂč le sauvetage des banques et des entreprises a Ă©tĂ© financĂ© par les citoyens et citoyennes ordinaires : la crise leur a coĂ»tĂ© des pertes d'emplois, la stagnation des salaires et des coupes massives sur les services essentiels comme la santĂ©. Les plans de relance Ă©conomiques doivent soutenir les travailleurs et travailleuses ordinaires et renflouer les petites entreprises. Le soutien apportĂ© aux grandes entreprises doit ĂȘtre conditionnĂ© par une action visant Ă  construire des Ă©conomies plus justes, plus durables. », conclut Jose Maria Vera. » URL:https://www.oxfam.org/fr/communiques-presse/un-demi-milliard-de-personnes-pourraient-basculer-dans-la-pauvrete-cause-du Default news image Les dĂ©penses de santĂ© doivent immĂ©diatement doubler dans les pays pauvres pour Ă©viter des millions de dĂ©cĂšs 12 mai 2020 Oxfam a appelĂ© aujourd’hui Ă  une enveloppe de prĂšs de 160 milliards de dollars afin d’annuler immĂ©diatement les dettes et de financer un plan mondial de santĂ© publique et d’intervention d’urgence pour sauver des millions de vies face Ă  la pandĂ©mie de coronavirus. Ce plan en cinq points permettrait aux pays pauvres de prendre des mesures pour prĂ©venir la propagation de la maladie et renforcer les capacitĂ©s des systĂšmes de santĂ© Ă  prendre en charge les personnes touchĂ©es. La pandĂ©mie a causĂ© de grandes souffrances dans les pays riches, submergeant certains des meilleurs systĂšmes de santĂ© du monde. Or, compte tenu que la maladie a dĂ©sormais atteint de nombreux pays en dĂ©veloppement marquĂ©s par un taux Ă©levĂ© de pauvretĂ© et de fortes inĂ©galitĂ©s, la propagation va s’accĂ©lĂ©rer et les dĂ©fis de santĂ© publique seront d’autant plus importants. PrĂšs de 3 milliards de personnes dans les pays en dĂ©veloppement n’ont pas accĂšs Ă  de l’eau potable, et des millions d’autres n’ont pas de soins de santĂ© adĂ©quats et vivent dans des bidonvilles surpeuplĂ©s ou des camps de rĂ©fugiĂ©-e-s oĂč les mesures d’isolement social sont impossibles Ă  mettre en Ɠuvre. Les femmes seront le plus durement touchĂ©es, car elles reprĂ©sentent 70 % des travailleurs et travailleuses de la santĂ© et assument la plupart du fardeau de soins non rĂ©munĂ©rĂ©s dans le monde. Jose Maria Vera, directeur gĂ©nĂ©ral intĂ©rimaire d’Oxfam International, a fait la dĂ©claration suivante : « Au Mali, il n’y a que trois respirateurs pour un million de personnes. En Zambie, il n’y a qu’un mĂ©decin pour 10 000 personnes. Forte de son expĂ©rience dans la lutte contre le virus Ebola, Oxfam sait qu’une action rapide permettrait de ralentir la propagation de cette maladie et d’enrayer son impact catastrophique. Cependant, il faut agir dĂšs maintenant, et Ă  une Ă©chelle jamais vue auparavant. Sans une action urgente, ambitieuse et historique, nous pourrions facilement assister Ă  la plus grande crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale. Â» L’Imperial College de Londres estime que jusqu’à 40 millions de personnes dans le monde pourraient perdre la vie si nous ne prenons pas des mesures urgentes. Oxfam a calculĂ© qu’il faudrait 159,5 milliards de dollars pour doubler les dĂ©penses de santĂ© des 85 pays les plus pauvres, oĂč vit prĂšs de la moitiĂ© de la population mondiale. Ce montant reprĂ©sente moins de 10 % du plan de relance Ă©conomique proposĂ© aux États-Unis en rĂ©action au coronavirus. Si certains bailleurs institutionnels ont commencĂ© Ă  augmenter leur financement, ces fonds restent largement insuffisants pour rĂ©pondre Ă  ce dĂ©fi colossal. Oxfam travaille avec des partenaires locaux, des ministĂšres de la SantĂ© et les principales agences des Nations Unies dans 65 pays pour rĂ©pondre Ă  la crise et aider Ă  sauver des vies. À Cox’s Bazar, au Bangladesh, oĂč plus de 855 000 Rohingyas vivent dans des camps de fortune, Oxfam a dĂ©jĂ  renforcĂ© les mesures prĂ©ventives telles que la distribution de savon et la mise en place de stations pour se laver les mains dans les installations communes pour aider quelque 70 000 rĂ©fugiĂ©-e-s. Dans le camp de Zaatari, en Jordanie, qui est le plus grand camp de rĂ©fugiĂ©-e-s syrien-ne-s au monde, Oxfam a dĂ©jĂ  commencĂ© Ă  sensibiliser 2 000 enfants Ă  l’hygiĂšne et Ă  l’importance de se laver les mains. L’objectif serait de desservir 78 000 personnes en eau, hygiĂšne et assainissement. Enfin, au Burkina Faso, oĂč 780 000 personnes sont dĂ©placĂ©es Ă  l’intĂ©rieur du pays, Oxfam travaille actuellement dans certaines des plus grandes zones de dĂ©placĂ©-e-s internes pour s’assurer que les communautĂ©s d’accueil et les personnes dĂ©placĂ©es ont accĂšs Ă  de l’eau potable. Tous les gouvernements doivent appuyer et financer intĂ©gralement le plan mondial de rĂ©ponse humanitaire des Nations Unies afin de rĂ©pondre aux besoins humanitaires criants qui se prĂ©sentent. Oxfam exhorte le G20 et les autres gouvernements du monde Ă  s’attaquer de front au virus en adoptant un ambitieux plan mondial de santĂ© publique et de rĂ©ponse d’urgence. Dans ce plan en cinq points, nous demandons : Un Ă©norme investissement dans la prĂ©vention. Promotion de la santĂ© publique, mobilisation communautaire, accĂšs des intervenant-e-s humanitaires aux pays dans le besoin, approvisionnement en eau potable et mise en place d’installations sanitaires, en particulier pour que les gens puissent se laver les mains. La mobilisation de 10 millions de nouveaux travailleurs et travailleuses de la santĂ© rĂ©munĂ©rĂ©-e-s et protĂ©gĂ©-e-s. Conjointement avec l’acheminement en toute urgence de fonds et d’équipement pour les intervenant-e-s locaux et les humanitaires sur le terrain. La gratuitĂ© des soins de santĂ©. Tous les soins de santĂ©, les tests et les traitements doivent ĂȘtre gratuits. La rĂ©quisition par les gouvernements de tous les Ă©tablissements de santĂ© privĂ©s. Les gouvernements doivent rĂ©quisitionner l’ensemble des capacitĂ©s de soins de santĂ© de leur pays, en veillant Ă  ce que tous les Ă©tablissements, tant privĂ©s que publics, se consacrent Ă  lutter contre ce virus et Ă  rĂ©pondre aux autres besoins de santĂ© essentiels. La disponibilitĂ© des vaccins et des traitements en tant que bien public mondial. Nous devons parvenir Ă  un accord mondial pour veiller Ă  ce que les vaccins et les traitements, lorsque prĂȘts, soient rapidement et gratuitement mis Ă  la disposition de ceux et celles qui en ont besoin. Les profits des entreprises pharmaceutiques ne peuvent avoir prĂ©sĂ©ance sur le bien et l’avenir de l’humanitĂ©. Â« Il est comprĂ©hensible que les dirigeant-e-s du monde s’emploient Ă  aider leurs propres citoyen-ne-s, mais le G20 doit Ă©galement se pencher sur la situation des pays pauvres et leur venir en aide. Nous ne vaincrons cette pandĂ©mie que si nous agissons en solidaritĂ© avec chaque pays, en aidant chaque personne. Personne ne sera en sĂ©curitĂ© tant que nous ne le sommes pas tou-te-s. Â», ajoute M. Vera. URL:https://www.oxfam.org/fr/communiques-presse/les-depenses-de-sante-doivent-immediatement-doubler-dans-les-pays-pauvres-pour ⓒ Courtesy of Yuval Noah Harari Yuval Noah Harari : « Chaque crise est aussi une opportunitĂ© » 7 mai 2020 L’historien israĂ©lien Yuval Noah Harari, auteur de Sapiens. Une brĂšve histoire de l’humanitĂ©, analyse dans Le Courrier de l’UNESCO ce que peuvent ĂȘtre les consĂ©quences de la crise sanitaire actuelle et plaide pour un renforcement de la coopĂ©ration scientifique internationale et un partage des informations entre les pays. En quoi cette crise sanitaire majeure est-elle diffĂ©rente des crises passĂ©es et que nous apprend-elle ? Ă€ vrai dire, je ne suis pas sĂ»r qu'il s’agisse de la pire menace sanitaire mondiale Ă  laquelle nous ayons Ă©tĂ© confrontĂ©s. L’épidĂ©mie de grippe de 1918-1919 a Ă©tĂ© pire, celle du sida a probablement Ă©tĂ© pire et des pandĂ©mies qui ont sĂ©vi Ă  d’autres Ă©poques Ă©galement. En rĂ©alitĂ©, elle est plutĂŽt bĂ©nigne comparĂ©e Ă  d’autres pandĂ©mies. Au dĂ©but des annĂ©es 1980, si on contractait le sida, on mourait. La peste noire [qui a ravagĂ© l’Europe entre 1347 et 1351] a dĂ©cimĂ© entre un quart et la moitiĂ© des populations affectĂ©es. La grippe de 1918 a tuĂ© plus de 10 % de la population totale de certains pays. Le COVID-19 tue quant Ă  lui moins de 5 % des personnes infectĂ©es, et, Ă  moins qu’une mutation dangereuse ne se produise, il est peu probable qu’il tue plus de un pour cent de la population de n’importe quel pays. De plus, nous disposons aujourd’hui de tous les outils technologiques et des connaissances scientifiques nĂ©cessaires pour vaincre cette Ă©pidĂ©mie, ce qui n’était pas le cas autrefois. Par exemple, la population Ă©tait complĂštement dĂ©munie face Ă  la peste noire. Elle n’a jamais dĂ©couvert ce qui la tuait et comment se protĂ©ger. En 1348, la facultĂ© de mĂ©decine de l’UniversitĂ© de Paris croyait que l’épidĂ©mie Ă©tait due Ă  un fĂącheux Ă©vĂ©nement astrologique, Ă  savoir « la conjonction majeure de trois planĂštes dans le Verseau [provoquant] une corruption mortelle de l’air Â» (citation extraite de l’ouvrage The Black Death de Rosemary Horrox, Manchester University Press, 1994, p. 159). Au contraire, quand le Covid-19 est apparu, les scientifiques n’ont mis que deux semaines Ă  identifier le virus responsable de l’épidĂ©mie, sĂ©quencer la totalitĂ© de son gĂ©nome et dĂ©velopper des tests fiables de dĂ©pistage de la maladie. Nous savons ce qu’il faut faire pour stopper la propagation de cette Ă©pidĂ©mie. Il est probable que d’ici un an ou deux nous disposions Ă©galement d’un vaccin. Mais le Covid-19 n’est pas seulement une crise sanitaire. Il est aussi Ă  l’origine d’une crise Ă©conomique et politique majeure. J’ai moins peur du virus que des dĂ©mons intĂ©rieurs de l’humanitĂ© : la haine, l’aviditĂ© et l’ignorance. Si les gens accusent les Ă©trangers et les minoritĂ©s d’ĂȘtre responsables de l’épidĂ©mie, si les entreprises avides de profits ne se soucient que de leurs bĂ©nĂ©fices et si nous croyons Ă  toutes sortes de thĂ©ories du complot, il sera bien plus difficile de venir Ă  bout du coronavirus, et nous vivrons ensuite dans un monde empoisonnĂ© par cette haine, cette aviditĂ© et cette ignorance. En revanche, si nous avons recours Ă  la solidaritĂ© et Ă  la gĂ©nĂ©rositĂ© internationales pour lutter contre l’épidĂ©mie et si nous faisons confiance Ă  la science plutĂŽt qu’aux thĂ©ories du complot, je suis convaincu que nous pourrons non seulement surmonter la crise, mais aussi en sortir bien plus forts. Dans quelle mesure la distanciation sociale pourrait-elle devenir la norme ? Quel effet cela aura-t-il sur les sociĂ©tĂ©s ? Il est indispensable d’appliquer certaines mesures de distanciation sociale pendant la durĂ©e de la crise. Le virus se propage en exploitant nos instincts humains les plus nobles. Nous sommes des animaux sociaux. Nous aimons le contact, en particulier pendant les pĂ©riodes difficiles. Lorsque des membres de notre famille, des amis ou des voisins sont malades, nous ressentons de la compassion et nous voulons les aider. Le virus utilise cela contre nous. C’est ainsi qu’il se propage. C’est pourquoi nous devons suivre notre raison plutĂŽt que notre cƓur et rĂ©duire nos contacts malgrĂ© les difficultĂ©s que cela implique. Le virus est une information gĂ©nĂ©tique dĂ©pourvue de raison, alors que nous, les humains, nous sommes capables d’analyser la situation de maniĂšre rationnelle et de modifier notre comportement. Je pense qu’une fois que nous serons sortis de la crise, nous ne constaterons pas d’effets Ă  long terme sur nos instincts humains de base. Nous continuerons d’ĂȘtre des animaux sociaux. Nous continuerons d’aimer le contact. Nous continuerons d’aller aider notre famille et nos amis. Regardez par exemple ce qui s’est passĂ© avec la communautĂ© LGBT [lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre] suite Ă  l’épidĂ©mie du sida. Cette Ă©pidĂ©mie a Ă©tĂ© terrible pour les homosexuels qui, pour beaucoup, ont Ă©tĂ© complĂštement abandonnĂ©s par l’État. Et pourtant, l’épidĂ©mie n’a pas provoquĂ© la dĂ©sintĂ©gration de cette communautĂ©. Bien au contraire. Au plus fort de la crise, des bĂ©nĂ©voles LGBT avaient dĂ©jĂ  créé de nombreuses organisations pour venir en aide aux malades, diffuser des informations fiables et lutter pour l’obtention de droits politiques. Dans les annĂ©es 1990, une fois passĂ©es les pires annĂ©es de l’épidĂ©mie du sida, la communautĂ© LGBT Ă©tait bien plus forte qu’auparavant dans de nombreux pays. Selon vous, comment se dessinera la coopĂ©ration en matiĂšre scientifique et en matiĂšre d’information Ă  l’issue de la crise ? L’UNESCO a Ă©tĂ© créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour promouvoir la coopĂ©ration scientifique et intellectuelle via la libre circulation des idĂ©es. La « libre circulation des idĂ©es Â» et la coopĂ©ration peuvent-elles en sortir renforcĂ©es ? Notre principal avantage face au virus, c’est notre capacitĂ© Ă  coopĂ©rer efficacement. Un virus en Chine et un virus aux États-Unis ne peuvent pas Ă©changer des conseils sur la maniĂšre d’infecter les humains. Mais la Chine peut partager avec les États-Unis de prĂ©cieux enseignements sur le coronavirus et la maniĂšre de le combattre. Elle peut mĂȘme envoyer des experts et des Ă©quipements pour aider directement les États-Unis, qui peuvent Ă  leur tour aider d’autres pays. Les virus ne peuvent rien faire de tel. Le partage d’informations est probablement la forme de coopĂ©ration la plus importante, car on ne peut rien faire sans informations exactes et prĂ©cises. Il est impossible de dĂ©velopper des mĂ©dicaments sans informations fiables. MĂȘme la protection contre le virus est tributaire des informations. Si l’on ne comprend pas comment une maladie se propage, comment peut-on confiner la population pour se protĂ©ger ? Par exemple, la maniĂšre de se protĂ©ger contre le sida est trĂšs diffĂ©rente de la maniĂšre de se protĂ©ger contre le Covid-19. Pour se protĂ©ger du sida, il faut utiliser un prĂ©servatif pendant les rapports sexuels, mais il est tout Ă  fait possible de discuter en face Ă  face avec une personne sĂ©ropositive ou de lui serrer la main et mĂȘme de l’embrasser. Avec le Covid-19, c'est une tout autre histoire. Pour savoir comment se protĂ©ger d’une Ă©pidĂ©mie, il faut d’abord disposer d’informations fiables sur la cause de cette Ă©pidĂ©mie. S’agit-il d’un virus ou d’une bactĂ©rie ? Se transmet-elle par voie sanguine ou par voie respiratoire ? Est-elle dangereuse pour les enfants ou pour les personnes ĂągĂ©es ? Existe-t-il une seule souche du virus ou plusieurs souches mutantes ? Ces derniĂšres annĂ©es, des dirigeants autoritaires et populistes ont cherchĂ© non seulement Ă  empĂȘcher la libre circulation des informations, mais aussi Ă  saper la confiance du public envers la science. Certains responsables politiques ont dĂ©crit les scientifiques comme une sinistre Ă©lite coupĂ©e de la population. Ils ont exhortĂ© leurs partisans Ă  ne pas croire ce que les scientifiques affirmaient sur le changement climatique ou mĂȘme sur les vaccins. Aujourd’hui, il devrait ĂȘtre Ă©vident pour tout le monde que ces discours populistes sont extrĂȘmement dangereux. En pĂ©riode de crise, il est nĂ©cessaire que les informations circulent librement et que la population fasse confiance aux experts scientifiques plutĂŽt qu’aux dĂ©magogues politiques. Heureusement, dans la situation prĂ©sente, on observe que la plupart des gens se tournent vers la science. L’Église catholique demande Ă  ses fidĂšles de ne pas frĂ©quenter les Ă©glises. IsraĂ«l a fermĂ© ses synagogues. La RĂ©publique islamique d’Iran sanctionne tous ceux qui se rendent dans les mosquĂ©es. Les temples et les sectes en tous genres ont suspendu les cĂ©rĂ©monies publiques. Et tout cela parce que des scientifiques ont fait des calculs et recommandĂ© de fermer ces lieux de culte. J’espĂšre que les gens se souviendront de l’importance des informations scientifiques aprĂšs la fin de la crise. Si l’on souhaite bĂ©nĂ©ficier d’informations fiables en pĂ©riode de crise, il faut investir dans ce domaine en temps normal. Les informations scientifiques ne tombent pas du ciel et ne germent pas non plus dans l’esprit de gĂ©nies. Elles dĂ©pendent de l’existence d’institutions indĂ©pendantes comme les universitĂ©s, les hĂŽpitaux et les journaux. Des institutions qui non seulement recherchent la vĂ©ritĂ©, mais sont Ă©galement libres de dire la vĂ©ritĂ© Ă  la population, sans avoir peur d’ĂȘtre sanctionnĂ©es par un rĂ©gime autoritaire. Il faut des annĂ©es pour asseoir ce genre d’institutions, mais cela en vaut la peine. Une sociĂ©tĂ© qui fournit des informations scientifiques fiables Ă  ses citoyens et qui est soutenue par des institutions indĂ©pendantes fortes peut lutter bien plus efficacement contre une Ă©pidĂ©mie qu’une dictature brutale qui doit contrĂŽler en permanence une population ignorante. Par exemple, comment faire en sorte que des millions de personnes se lavent les mains avec du savon tous les jours ? On peut placer un policier ou une camĂ©ra dans toutes les toilettes et sanctionner les gens qui ne se lavent pas les mains. Mais on peut aussi apprendre aux Ă©coliers ce que sont un virus et une bactĂ©rie, expliquer que le savon permet d’éliminer ou de tuer ces pathogĂšnes, puis faire confiance aux gens pour qu’ils se forgent leurs propres opinions. D’aprĂšs vous, quelle est la mĂ©thode la plus efficace ? Quelle peut ĂȘtre l’importance de la coopĂ©ration entre les pays pour diffuser des informations fiables ? Les pays doivent partager des informations sur les questions strictement mĂ©dicales, mais aussi sur de nombreux autres sujets, qui vont de l’impact Ă©conomique de la crise Ă  la santĂ© mentale des citoyens. Supposons que le pays X dĂ©batte actuellement du type de politique de confinement Ă  adopter. Il doit prendre en compte non seulement la propagation de la maladie, mais aussi les coĂ»ts Ă©conomique et psychologique du confinement. D’autres pays ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© confrontĂ©s Ă  ce dilemme auparavant et ont testĂ© diffĂ©rentes politiques. Au lieu de se fonder sur de pures spĂ©culations et de rĂ©pĂ©ter les erreurs commises, le pays X peut examiner quelles ont Ă©tĂ© les consĂ©quences rĂ©elles des diffĂ©rentes politiques adoptĂ©es en Chine, en RĂ©publique de CorĂ©e, en SuĂšde, en Italie et au Royaume-Uni. Il peut ainsi prendre de meilleures dĂ©cisions. Il faut toutefois pour cela que l’ensemble de ces pays rendent compte honnĂȘtement du nombre de cas et de dĂ©cĂšs, mais aussi de l’impact du confinement sur leur Ă©conomie et la santĂ© mentale de leurs citoyens. L’émergence de l’intelligence artificielle et le besoin de solutions techniques ont fait entrer en jeu des entreprises privĂ©es. Dans ce contexte, est-il encore possible de concevoir des principes Ă©thiques mondiaux et de restaurer la coopĂ©ration internationale ? L’implication d’entreprises privĂ©es rend encore plus importante la conception de principes Ă©thiques mondiaux et la restauration de la coopĂ©ration internationale. Sachant que certaines de ces entreprises sont peut-ĂȘtre davantage motivĂ©es par le profit que par la solidaritĂ©, il est nĂ©cessaire qu’elles soient scrupuleusement rĂ©glementĂ©es. MĂȘme les entreprises qui agissent sans but lucratif n’ont pas Ă  rendre de comptes directement au public. Il est donc dangereux de leur permettre d’accumuler trop de pouvoir. Cela est d’autant plus vrai en matiĂšre de surveillance. Nous assistons actuellement Ă  la crĂ©ation de nouveaux systĂšmes de surveillance Ă  travers le monde, aussi bien par des États que par des entreprises. La crise actuelle pourrait marquer un tournant majeur dans l’histoire de la surveillance. Tout d’abord parce qu’elle pourrait lĂ©gitimer et normaliser le dĂ©ploiement massif d’outils de surveillance dans des pays qui les ont rejetĂ©s jusque-lĂ . La deuxiĂšme raison est encore plus importante : cette crise pourrait entraĂźner une transition radicale de la surveillance « sur la peau Â» Ă  la surveillance « sous la peau Â». Auparavant, les gouvernements et les entreprises surveillaient principalement nos actes, en contrĂŽlant les endroits oĂč nous nous rendions et les personnes que nous rencontrions. Aujourd’hui, ils s’intĂ©ressent davantage Ă  ce qui se passe Ă  l’intĂ©rieur de notre corps : notre Ă©tat de santĂ©, notre tempĂ©rature, notre tension artĂ©rielle. Ce genre d’informations biomĂ©triques permet aux gouvernements et aux entreprises d’en savoir bien plus sur nous qu’auparavant. Pourriez-vous nous donner quelques exemples de principes Ă©thiques qui pourraient guider la rĂ©glementation de ces systĂšmes de surveillance ? Dans l’idĂ©al, le fonctionnement du systĂšme de surveillance devrait ĂȘtre assurĂ© par une autoritĂ© sanitaire spĂ©ciale plutĂŽt que par une entreprise privĂ©e ou les services de renseignement. Cette autoritĂ© sanitaire devrait se concentrer sur la prĂ©vention des Ă©pidĂ©mies et n’avoir aucun intĂ©rĂȘt commercial ou politique. Je suis particuliĂšrement alarmĂ© quand j’entends les gens comparer la crise actuelle Ă  la guerre et appeler les services de renseignement Ă  prendre le contrĂŽle. Ce n’est pas une guerre, mais une crise sanitaire. Il n’y a pas d’ennemis humains Ă  tuer, mais des personnes Ă  soigner. L’image dominante qu’on a de la guerre, c’est celle d’un soldat pointant un fusil. Dans la situation actuelle, l’image qui doit nous venir Ă  l’esprit, c’est celle d’une infirmiĂšre qui change des draps dans un hĂŽpital. Les soldats et les infirmiĂšres ont un mode de pensĂ©e trĂšs diffĂ©rent. Si l’on veut donner le contrĂŽle Ă  quelqu’un, ce n’est pas Ă  un soldat qu’il faut le faire, mais Ă  une infirmiĂšre. L’autoritĂ© sanitaire en question devrait collecter le minimum de donnĂ©es nĂ©cessaires Ă  la tĂąche spĂ©cifique de prĂ©vention des Ă©pidĂ©mies et ne pas partager ces donnĂ©es avec d’autres organes gouvernementaux, en particulier la police. Elle ne devrait pas non plus partager ces donnĂ©es avec des entreprises privĂ©es. Elle devrait s’assurer que les donnĂ©es collectĂ©es sur des individus ne sont jamais utilisĂ©es pour nuire Ă  ces individus ou les manipuler (qu’elles n’entraĂźnent pas de perte d’emploi ou d’assurance, par exemple). L’autoritĂ© sanitaire pourrait mettre ces donnĂ©es Ă  la disposition de la recherche scientifique, mais seulement si les fruits de cette recherche sont librement mis Ă  disposition de l’humanitĂ© et si les Ă©ventuels profits accessoires obtenus sont rĂ©investis dans l’amĂ©lioration des systĂšmes de santĂ© publique. En contrepartie Ă  ces limitations au partage de donnĂ©es, les individus devraient pouvoir bĂ©nĂ©ficier d’un contrĂŽle maximal des informations les concernant. Ils devraient ĂȘtre libres de consulter leurs donnĂ©es personnelles et d’en bĂ©nĂ©ficier. Enfin, bien qu’il soit probable que ces systĂšmes de surveillance soient de caractĂšre national, il serait nĂ©cessaire que les diffĂ©rentes autoritĂ©s sanitaires coopĂšrent entre elles pour vraiment rĂ©ussir Ă  prĂ©venir les Ă©pidĂ©mies. Sachant que les pathogĂšnes ne respectent pas les frontiĂšres nationales, il sera difficile de dĂ©tecter et de stopper les Ă©pidĂ©mies sans combiner les donnĂ©es de diffĂ©rents pays. Il serait beaucoup plus facile pour ces autoritĂ©s nationales de coopĂ©rer Ă  l’échelle mondiale si la surveillance nationale Ă©tait exercĂ©e par une autoritĂ© sanitaire indĂ©pendante dĂ©pourvue d’intĂ©rĂȘts politiques et commerciaux.     Vous avez affirmĂ© avoir rĂ©cemment observĂ© une dĂ©tĂ©rioration rapide de la confiance envers le systĂšme international. Selon vous, quels changements profonds peuvent affecter la coopĂ©ration multilatĂ©rale ? Je ne peux prĂ©dire le futur, car il dĂ©pend des choix que nous faisons maintenant. Les pays peuvent choisir d’entrer en concurrence pour mettre la main sur des ressources rares et mener une politique Ă©goĂŻste et isolationniste, ou bien ils peuvent choisir de s’entraider dans un esprit de solidaritĂ© mondiale. Ce choix dĂ©finira le cours de la crise actuelle et l’avenir du systĂšme international pour les annĂ©es Ă  venir. J’espĂšre que les pays choisiront la solidaritĂ© et la coopĂ©ration. Nous ne pouvons pas stopper cette Ă©pidĂ©mie sans une coopĂ©ration Ă©troite entre les pays du monde entier. MĂȘme si un pays arrive Ă  stopper l’épidĂ©mie sur son territoire pendant un certain temps, tant qu’elle continue Ă  se propager ailleurs, elle peut revenir partout et mĂȘme sous une forme plus grave, car les virus mutent en permanence. Une mutation du virus n’importe oĂč dans le monde pourrait le rendre plus contagieux ou plus mortel, mettant en danger l’ensemble de l’humanitĂ©. Le seul moyen de nous protĂ©ger rĂ©ellement, c’est d’aider Ă  protĂ©ger tous les ĂȘtres humains. Cela vaut Ă©galement pour la crise Ă©conomique. Si chaque pays ne dĂ©fend que ses propres intĂ©rĂȘts, nous entrerons dans une grave rĂ©cession qui affectera le monde entier. Les pays riches comme les États-Unis, l’Allemagne et le Japon s’en sortiront d’une maniĂšre ou d’une autre. Mais les pays pauvres d’Afrique, d’Asie et d’AmĂ©rique latine risquent de s’effondrer totalement. Les États-Unis peuvent se permettre de dĂ©ployer un plan de sauvetage de 2 000 milliards de dollars pour leur Ă©conomie. Mais l’Équateur, le Nigeria ou le Pakistan n’ont pas les mĂȘmes ressources. Nous avons besoin d’un plan de sauvetage Ă©conomique mondial. Malheureusement, le leadership mondial rĂ©solu dont nous avons besoin n’a pas encore fait son apparition. Les États-Unis, qui ont endossĂ© le rĂŽle de chef de file mondial pendant l’épidĂ©mie d’Ebola de 2014 et la crise financiĂšre de 2008, ont abandonnĂ© cette responsabilitĂ©. L’administration Trump a trĂšs clairement fait comprendre qu’elle se prĂ©occupait uniquement des États-Unis et a mĂȘme abandonnĂ© ses alliĂ©s les plus proches en Europe occidentale. MĂȘme si les États-Unis dĂ©cidaient maintenant d’élaborer un quelconque plan mondial, qui leur ferait confiance, qui suivrait leur exemple ? Qui soutiendrait un dirigeant dont le mot d’ordre est « Moi d’abord Â» ? Mais chaque crise est aussi une opportunitĂ©. EspĂ©rons que cette Ă©pidĂ©mie aidera l’humanitĂ© Ă  prendre conscience du grave danger que reprĂ©sente la dĂ©sunion mondiale. Car si cette Ă©pidĂ©mie dĂ©bouche sur le renforcement de la coopĂ©ration internationale, ce sera une victoire non seulement contre le coronavirus, mais aussi contre tous les autres dangers qui menacent l’humanitĂ©, du changement climatique Ă  la guerre nuclĂ©aire. Vous expliquez que les choix que nous faisons maintenant affecteront nos sociĂ©tĂ©s sur les plans Ă©conomique, politique et culturel dans les annĂ©es Ă  venir. Quels sont ces choix et qui en sera responsable ? Nous sommes confrontĂ©s Ă  de nombreux choix. Mais il ne s’agit pas seulement de choisir entre l’isolationnisme nationaliste et la solidaritĂ© internationale. Il est Ă©galement important de savoir si les citoyens soutiendront la montĂ©e des dictatures ou s’ils continueront de faire confiance Ă  la dĂ©mocratie pour affronter la crise. Si les gouvernements dĂ©pensent des milliards pour aider des entreprises en difficultĂ©, sauveront-ils des grandes entreprises ou des petits entreprises familiales ? L’émergence du tĂ©lĂ©travail et de la communication en ligne entraĂźnera-t-elle l’effondrement du syndicalisme ou favorisera-t-elle une meilleure protection des droits des travailleurs ? Tous ces choix sont politiques. Nous devons ĂȘtre conscients du fait que la crise actuelle n’est pas seulement sanitaire, mais aussi politique. Les mĂ©dias et les citoyens ne doivent pas se laisser complĂštement distraire par l’épidĂ©mie. Il est bien sĂ»r important de suivre les derniĂšres informations sur la maladie elle-mĂȘme : combien de personnes sont mortes aujourd’hui ? Combien de personnes ont Ă©tĂ© infectĂ©es ? Mais il est tout aussi important de s’intĂ©resser Ă  la politique et d’inciter les responsables politiques Ă  prendre les bonnes dĂ©cisions. Les citoyens doivent faire pression sur leurs dirigeants pour qu’ils agissent dans un esprit de solidaritĂ© internationale, pour qu’ils coopĂšrent avec d’autres pays plutĂŽt que de les accuser, pour qu’ils distribuent les fonds de maniĂšre Ă©quitable, pour qu’ils prĂ©servent le contrĂŽle et l’équilibre des pouvoirs dĂ©mocratiques, mĂȘme dans l’état d’urgence. Et c’est maintenant qu’il faut faire cet effort. Quel que soit le gouvernement Ă©lu dans les prochaines annĂ©es, il ne sera pas en mesure d’annuler les dĂ©cisions prises aujourd’hui. Devenir prĂ©sident en 2021, ce sera comme arriver Ă  une fĂȘte une fois qu’elle est finie, quand il ne reste que la vaisselle sale Ă  laver. Devenir prĂ©sident en 2021, ce sera dĂ©couvrir que le gouvernement prĂ©cĂ©dent a dĂ©jĂ  distribuĂ© des dizaines de milliards de dollars et crouler sous les dettes Ă  rembourser. Le gouvernement prĂ©cĂ©dent aura dĂ©jĂ  restructurĂ© le marchĂ© du travail et il ne sera pas possible de repartir de zĂ©ro. Le gouvernement prĂ©cĂ©dent aura dĂ©jĂ  introduit de nouveaux systĂšmes de surveillance, qui ne pourront pas ĂȘtre abolis du jour au lendemain. Alors, n’attendez pas 2021. Surveillez aujourd’hui les actions des dirigeants politiques. Les idĂ©es et les opinions exprimĂ©es dans cette interview sont celles de l’auteur ; elles ne reflĂštent pas nĂ©cessairement les points de vue de l’UNESCO et n’engagent en aucune façon l’Organisation. Lire la suite :  A qui profite la science? Le Courrier de l’UNESCO, mai 1999MĂ©decines et santĂ©, Le Courrier de l’UNESCO, aoĂ»t 1987La SantĂ© du monde: dix ans de progrĂšs, Le Courrier de l’UNESCO, mai 1958 URL:https://fr.unesco.org/courier/supplement-numerique/yuval-noah-harari-chaque-crise-est-opportunite ⓒ UNESCO De nouvelles lignes directrices fournissent une feuille de route pour la rĂ©ouverture des Ă©coles en toute sĂ©curitĂ© 2 mai 2020 L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le Programme alimentaire mondial (PAM) et la Banque mondiale ont rendu publiques aujourd’hui de nouvelles lignes directrices sur la rĂ©ouverture en toute sĂ©curitĂ© des Ă©tablissements scolaires alors que le confinement continue d’affecter un milliard d’élĂšves et d’étudiants de par le monde. Ces lignes directrices avertissent que les fermetures gĂ©nĂ©ralisĂ©es d'Ă©tablissements scolaires en rĂ©ponse Ă  la pandĂ©mie de COVID-19 prĂ©sentent un risque sans prĂ©cĂ©dent pour l'Ă©ducation et le bien-ĂȘtre des enfants, en particulier pour les enfants les plus marginalisĂ©s qui dĂ©pendent de l'Ă©cole pour leur instruction, leur santĂ©, leur sĂ©curitĂ© et leur nutrition. Les lignes directrices offrent des conseils pratiques aux autoritĂ©s nationales et locales sur la maniĂšre d'assurer la sĂ©curitĂ© des enfants lorsqu'ils retournent Ă  l'Ă©cole. Â« Alors que de nombreux Ă©lĂšves prennent du retard dans leur apprentissage en raison de la fermeture prolongĂ©e des Ă©coles, la dĂ©cision, loin d'ĂȘtre simple, de savoir quand et comment rouvrir les Ă©coles devrait ĂȘtre une prioritĂ© Â», a dĂ©clarĂ© la directrice gĂ©nĂ©rale de l'UNESCO, Audrey Azoulay. « Une fois que le feu vert aura Ă©tĂ© donnĂ© sur le front de la santĂ©, il faudra mettre en place tout un ensemble de mesures pour s'assurer qu'aucun Ă©lĂšve ne soit laissĂ© pour compte. Ces lignes directrices fournissent des orientations gĂ©nĂ©rales aux gouvernements et aux partenaires afin de faciliter la rĂ©ouverture des Ă©coles pour les Ă©lĂšves, les enseignants et les familles. Nous partageons un mĂȘme objectif, celui de protĂ©ger et de faire progresser le droit Ă  l'Ă©ducation pour chaque apprenant Â». Pour Henrietta Fore, Directrice gĂ©nĂ©rale de l'UNICEF, « l'augmentation des inĂ©galitĂ©s, les mauvais rĂ©sultats en matiĂšre de santĂ©, la violence, le travail des enfants et le mariage prĂ©coce ne sont que quelques-unes des menaces Ă  long terme pesant sur les jeunes qui ne vont pas Ă  l'Ă©cole. Nous savons, a-t-elle ajoutĂ©, que plus les enfants restent longtemps en dehors de l'Ă©cole, moins ils ont de chances d'y retourner un jour. Si nous ne donnons pas la prioritĂ© Ă  la rĂ©ouverture des Ă©coles - quand il n'y a pas de danger Ă  le faire - nous risquons d'assister Ă  une inversion dĂ©vastatrice des progrĂšs de l'Ă©ducation Â». Les lignes directrices indiquent que s'il n'y a pas encore suffisamment de preuves pour mesurer l'impact des fermetures d'Ă©coles sur les taux de transmission des maladies, les effets nĂ©gatifs des fermetures d'Ă©coles sur la sĂ©curitĂ© et l'apprentissage des enfants sont bien documentĂ©s. Les progrĂšs rĂ©alisĂ©s ces derniĂšres dĂ©cennies en matiĂšre d'accĂšs Ă  l'Ă©ducation des enfants risquent d'ĂȘtre perdus et, dans les pires cas, complĂštement annulĂ©s. Â« Dans les pays les plus pauvres, les enfants comptent souvent sur les Ă©coles pour leur seul repas de la journĂ©e. Mais comme de nombreuses Ă©coles sont dĂ©sormais fermĂ©es Ă  cause du COVID, 370 millions d'enfants sont privĂ©s de ces repas nourrissants qui sont une bouĂ©e de sauvetage pour les familles pauvres. Ils sont Ă©galement privĂ©s de l'aide sanitaire qu'ils reçoivent normalement Ă  l'Ă©cole. Cela pourrait causer des dommages durables, c'est pourquoi, lorsque les Ă©coles rouvriront, il est essentiel que ces programmes de fourniture de repas et ces services de santĂ© soient rĂ©tablis, ce qui peut Ă©galement contribuer Ă  ramener les enfants les plus vulnĂ©rables Ă  l'Ă©cole Â», a dĂ©clarĂ© pour sa part David Beasley, directeur exĂ©cutif du PAM. L'intĂ©rĂȘt supĂ©rieur de l’enfant et les considĂ©rations gĂ©nĂ©rales de santĂ© publique - fondĂ©es sur une Ă©valuation des avantages et des risques associĂ©s Ă  l'Ă©ducation, Ă  la santĂ© publique et aux facteurs socio-Ă©conomiques - doivent ĂȘtre au centre des dĂ©cisions des autoritĂ©s nationales et locales de rouvrir les Ă©coles, indiquent les lignes directrices. Les Ă©coles doivent examiner comment elles peuvent mieux rouvrir - avec un meilleur apprentissage et un soutien plus complet pour les enfants Ă  l'Ă©cole, y compris dans les domaines de la santĂ©, de la nutrition, du soutien psychosocial et des installations d'eau, d'assainissement et d'hygiĂšne. Alors que les pays sont confrontĂ©s au processus de rĂ©ouverture des Ă©coles, l'UNESCO, l'UNICEF et le PAM - dans le cadre de la Coalition mondiale pour l'Ă©ducation - invitent les gouvernements Ă  Ă©valuer les avantages de l'enseignement en classe par rapport Ă  l'apprentissage Ă  distance, ainsi que les facteurs de risque liĂ©s Ă  la rĂ©ouverture des Ă©coles, en notant les indices peu concluants concernant les risques d'infection liĂ©s Ă  la frĂ©quentation scolaire. Les lignes directrices comprennent :  La rĂ©forme des politiques. Les implications politiques concernent toutes les dimensions des lignes directrices, y compris des politiques claires pour l'ouverture et la fermeture des Ă©coles en cas d'urgence sanitaire, les rĂ©formes nĂ©cessaires pour Ă©tendre l'accĂšs Ă©quitable aux enfants marginalisĂ©s et non scolarisĂ©s ainsi que pour renforcer et normaliser les pratiques d'apprentissage Ă  distance. Les besoins de financement. RĂ©pondre Ă  l'impact du COVID-19 sur l'Ă©ducation et investir dans le renforcement des systĂšmes Ă©ducatifs pour la reprise et la rĂ©silience. La sĂ©curitĂ© des opĂ©rations. Assurer des conditions qui rĂ©duisent la transmission des maladies, protĂšgent les services et fournitures essentiels et favorisent un comportement sain. Cela inclut l'accĂšs au savon et Ă  de l'eau pure pour le lavage des mains, des procĂ©dures sur les cas oĂč le personnel ou les Ă©lĂšves ne se sentent pas bien, des protocoles sur la distanciation sociale et de bonnes pratiques d'hygiĂšne. L’apprentissage compensatoire. Mettre l'accent sur les pratiques qui compensent le temps d'instruction perdu, renforcer la pĂ©dagogie et s'appuyer sur des modĂšles d'apprentissage hybrides tels que l'intĂ©gration d'approches dans l'enseignement Ă  distance. Cela doit inclure des connaissances sur la transmission et la prĂ©vention des maladies. Le bien-ĂȘtre et protection. Mettre davantage l'accent sur le bien-ĂȘtre des Ă©lĂšves et renforcer la protection des enfants grĂące Ă  des mĂ©canismes d'orientation amĂ©liorĂ©s et Ă  la fourniture de services scolaires essentiels, notamment les soins de santĂ© et l'alimentation scolaire. Atteindre les plus marginalisĂ©s. Adapter les politiques et pratiques d'ouverture des Ă©coles afin d'Ă©largir l'accĂšs aux groupes marginalisĂ©s tels que les enfants non scolarisĂ©s, les enfants dĂ©placĂ©s et migrants et les minoritĂ©s. Diversifier les communications et les actions de sensibilisation essentielles en les rendant disponibles dans les langues pertinentes et dans des formats accessibles. Selon Jaime Saavedra, Directeur mondial de la Banque mondiale pour l'Ă©ducation, « une fois que les Ă©coles commencent Ă  rouvrir, la prioritĂ© est de rĂ©intĂ©grer les Ă©lĂšves dans le milieu scolaire en toute sĂ©curitĂ© et de maniĂšre Ă  permettre une reprise de l'apprentissage, en particulier pour ceux qui ont subi les plus grandes pertes d'apprentissage. Il s'agit d'un moment critique car il constitue la rampe de lancement d'une nouvelle norme qui devrait ĂȘtre plus efficace et plus Ă©quitable. Pour gĂ©rer les rĂ©ouvertures, a-t-il prĂ©cisĂ©, les Ă©coles devront ĂȘtre prĂ©parĂ©es sur le plan logistique et le personnel enseignant devra ĂȘtre prĂȘt. Et elles devront disposer de plans spĂ©cifiques pour soutenir la reprise des apprentissages des Ă©lĂšves les plus dĂ©favorisĂ©s. Les lignes directrices offrent un cadre pour aller de l'avant et sur lequel s'alignent les principales agences des Nations unies ».  ****  Note aux Ă©diteurs UNESCO: L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) entend contribuer Ă  la paix au travers de la coopĂ©ration internationale dans les domaines de l’éducation, de la science, de la culture, de la communication et de l’information. Ses programmes visent Ă  la concrĂ©tisation des Objectifs de dĂ©veloppement durable (ODD) dĂ©finis dans le Programme de dĂ©veloppement Ă  l’horizon 2030, adoptĂ© par l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’ONU en 2015. UNICEF: Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) Ɠuvre dans les zones les plus dures du globe afin d’atteindre les enfants les plus dĂ©favorisĂ©s. Il agit partout en faveur de tout enfant dans plus de 190 pays et territoires, afin de bĂątir un monde meilleur pour tout un chacun. Programme alimentaire mondial (PAM): Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies est la plus importante organisation humanitaire dans le monde. Elle sauve des vies dans les situations d’urgence, Ɠuvre Ă  la prospĂ©ritĂ© et apporte son appui Ă  un avenir durable pour les personnes ayant subi la guerre, des catastrophes et l’impact du changement climatique. Pour de plus amples informations, contacter : Georgina Thompson, UNICEF, +1 917 238 1559, gthompson@unicef.org David Orr, PAM, +39 340 246 6831, David.orr@wfp.org George Papagiannis, UNESCO: Tel: +33 1 45 68 17 06, g.papagiannis@unesco.org URL:https://fr.unesco.org/news/nouvelles-lignes-directrices-fournissent-feuille-route-reouverture-ecoles-toute-securite © IIEP–UNESCO COVID-19 et fermeture des Ă©coles : pourquoi les filles sont plus Ă  risque 1 mai 2020 Fermer les Ă©coles. C’est la solution retenue par un nombre sans prĂ©cĂ©dent de pays pour tenter de ralentir la progression de la COVID-19. Il est aisĂ© d’imaginer qu’élĂšves et Ă©tudiants sont plus en sĂ©curitĂ© Ă  la maison plutĂŽt que dans la promiscuitĂ© d’une salle de classe. La rĂ©alitĂ© est toutefois plus nuancĂ©e : pour des millions de filles et de jeunes femmes, en particulier dans les pays les moins avancĂ©s, ces fermetures engendrent d’autres risques. Introduisant un rĂ©cent webinaire de l’UNESCO, Suzanne Grant Lewis, directrice de l’Institut international de planification de l’éducation, a soulignĂ© que Â« l’éducation, tout comme les sexospĂ©cificitĂ©s, sont nĂ©gligĂ©es dans la rĂ©ponse aux crises sanitaires. Nous devons porter plus d’attention Ă  la dimension genre de la fermeture des Ă©coles». Quelles sont les sexospĂ©cificitĂ©s de la crise ? Travail domestiqueDans beaucoup de sociĂ©tĂ©s, le travail domestique non rĂ©munĂ©rĂ© et la charge des enfants incombent avant tout aux femmes et aux filles. Ces tĂąches mĂ©nagĂšres et familiales prennent encore plus d’importance lorsqu’écoles et entreprises ferment leurs portes et que le confinement s’impose. Cela affecte le travail des femmes qui, dans de nombreux contextes, composent l’essentiel du personnel enseignant. Cela affecte aussi les filles, qui sont alors dans l’incapacitĂ© de poursuivre leur apprentissage Ă  distance. Provision de soinsLes soins sont le plus souvent assurĂ©s par les femmes et les filles que cette tĂąche soit rĂ©munĂ©rĂ©e ou non. Celles-ci sont dĂšs lors plus exposĂ©es au risque de contamination, au sein des structures de santĂ© ou Ă  la maison. Ainsi, 72% du personnel soignant touchĂ© par le coronavirus en Espagne sont des femmes. Elles sont 66% en Italie. Voir les donnĂ©es liĂ©es au genre sur le site de UN Women. Violence domestiqueLes risques que la fermeture des Ă©coles – un espace de sĂ©curitĂ© autant que d’apprentissage – fait peser sur les filles ne se limitent pas au virus lui-mĂȘme. Le confinement entraĂźne en effet un risque accru de violence domestique et d’abus sexuel. Les donnĂ©es dĂ©jĂ  disponibles indiquent que la violence domestique a augmentĂ© dans des pays aussi divers que l’Argentine, la France et Singapour. SantĂ© sexuelle et reproductiveEn Sierra Leone, l’épidĂ©mie d’Ebola a conduit Ă  une hausse massive des grossesses prĂ©coces. Selon les enfants touchĂ©s par la crise, celles-ci Ă©taient directement liĂ©es Ă  la fermeture des Ă©coles. Dans certaines communautĂ©s, la maternitĂ© deviendra une barriĂšre permanente au retour des jeunes filles concernĂ©es sur les bancs de l’école une fois passĂ©e la crise de la COVID-19. Par ailleurs, les ressources et les structures habituellement dĂ©diĂ©es Ă  la maternitĂ© et Ă  la santĂ© reproductive pourraient ĂȘtre rĂ©orientĂ©es vers la lutte contre la pandĂ©mie. Cela ferait alors peser des menaces supplĂ©mentaires sur la santĂ© et la sĂ©curitĂ© des adolescentes et des jeunes femmes. Comment faire face? Les autoritĂ©s Ă©ducatives doivent prendre des mesures pour Ă©viter une inversion dĂ©sastreuse des progrĂšs rĂ©alisĂ©s en matiĂšre d’éducation des filles et des jeunes femmes. Dans son intervention, Suzanne Grant Lewis a tirĂ© la sonnette d’alarme, avertissant sur les risques de voir les inĂ©galitĂ©s de genre exacerbĂ©es par la COVID-19. Elle a exhortĂ© les communautĂ©s Ă  agir rapidement et a suggĂ©rĂ© un certain nombre de mesures :  Garantir une reprĂ©sentation Ă©quitable des femmes dans la prise de dĂ©cision relative Ă  la crise et s’appuyer sur leur expertise ;  Produire des donnĂ©es en lien avec la crise ; S’appuyer sur les rĂ©seaux de femmes, au niveau communautaire, pour organiser la rĂ©ponse Ă  la crise ;  Encourager les filles Ă  poursuivre leur apprentissage durant et aprĂšs la crise, et Ă  se soutenir mutuellement ; Encourager hommes et femmes Ă  partager les tĂąches familiales et mĂ©nagĂšres, Ă  la maison comme au sein de la communautĂ© ; DĂ©noncer la violence domestique et mettre en place des lieux d’accueil sĂ»rs pour les victimes d’abus.Les planificateurs de l’éducation doivent garder Ă  l’esprit les menaces particuliĂšres que la fermeture des Ă©tablissements scolaires, en raison du coronavirus, fait peser sur les filles et les jeunes femmes. La fracture numĂ©rique entre les sexes doit notamment ĂȘtre surmontĂ©e pour que les filles puissent bĂ©nĂ©ficier des solutions d’apprentissage Ă  distance ; les horaires doivent ĂȘtre aussi flexibles que possible pour que l’apprentissage puisse s’organiser autour des tĂąches domestiques ; et des mesures ciblĂ©es devraient ĂȘtre prises pour permettre au plus grand nombre possible de filles et de jeunes femmes de retourner Ă  l’école dĂšs que les Ă©tablissements rouvriront leurs portes. â€œUne problĂ©matique universelle” Aucun pays ne peut se permettre d’ignorer les sexospĂ©cificitĂ©s de la fermeture des Ă©coles liĂ©e Ă  la COVID-19. Comme le relĂšve Suzanne Grant Lewis, Â« c’est une problĂ©matique universelle. Tous les Etats doivent examiner comment cette crise peut approfondir les inĂ©galitĂ©s de genre et prendre des mesures qui s’imposent pour y faire face. ». L’impact rĂ©el de la crise ne sera pas connu avant un certain temps, mais il est crucial de garantir que les filles ne mettent en pĂ©ril ni leur Ă©ducation, ni leur avenir. URL:http://www.iiep.unesco.org/fr/covid-19-et-fermeture-des-ecoles-pourquoi-les-filles-sont-plus-risque-13407 © UNESCO MON HISTOIRE COVID-19 : lancement d'une campagne de storytelling pour les jeunes 30 avril 2020 Partager, c'est se soucier d’autrui... et c’est le moment idĂ©al pour partager ses inspirations, ses idĂ©es et ses histoires ! La campagne #YouthOfUNESCO intitulĂ©e MON HISTOIRE COVID-19 est une initiative qui donne la parole aux jeunes pour inspirer le monde dans le contexte difficile du COVID-19.   Au quotidien, les jeunes s'avĂšrent ĂȘtre des acteurs clĂ©s lorsqu'il s'agit de trouver des solutions aux problĂšmes mondiaux - de la lutte contre la discrimination et le changement climatique Ă  l'Ă©galitĂ© des sexes et Ă  bien d'autres questions. Aujourd'hui, en cette pĂ©riode de crise sanitaire sans prĂ©cĂ©dent, les jeunes sont Ă  nouveau en premiĂšre ligne, particuliĂšrement lorsqu'il s'agit d'inventer de nouvelles formes de solidaritĂ©. Cette initiative de storytelling s'inscrit dans le cadre de la rĂ©ponse de l'UNESCO Ă  la pandĂ©mie du COVID-19. Elle vise Ă  mettre en lumiĂšre les jeunes - leurs sentiments, leurs actions et leurs Ă©panouissements en ces temps difficiles. Au cours des derniĂšres semaines, voire des derniers mois, des jeunes femmes et des jeunes hommes ont agi et dĂ©veloppĂ© de nombreuses idĂ©es crĂ©atives pour faire face Ă  ce contexte difficile, que ce soit en aidant leur communautĂ©, en trouvant des techniques d'apprentissage innovantes, en gardant un esprit positif, en prenant soin de leurs parents et de leurs proches, et bien plus encore. Mon histoire COVID-19 est une invitation ouverte Ă  tous les jeunes afin qu’ils partagent leurs histoires par le biais de tĂ©moignages Ă©crits ou l'enregistrement de leur propre vidĂ©o. Pour amplifier leur voix davantage, l'UNESCO invite les jeunes Ă  partager leurs histoires via ses mĂ©dias sociaux, son site web, ses bureaux hors SiĂšge et ses rĂ©seaux dans le monde entier. Les tĂ©moignages Ă©crits et vidĂ©o recueillis contribueront Ă©galement au projet « Les jeunes comme chercheurs - COVID-19 Â», qui permettra de collecter et de consolider les connaissances et les donnĂ©es sur, par et avec les jeunes autour d'une sĂ©rie de questions clĂ©s liĂ©es Ă  la crise COVID-19 (par exemple l'inĂ©galitĂ© et la discrimination). Le projet examinera l'impact de la crise sur les jeunes (en particulier les jeunes femmes - dĂ©scolarisĂ©es ou au chĂŽmage Ă  cause de la crise), et la maniĂšre dont ils affectent ou dĂ©clenchent la rĂ©silience. Le projet - dĂ©veloppĂ© en collaboration avec les Chaires UNESCO (des UniversitĂ©s de Galway (Irlande) et de Penn State (États-Unis d’AmĂ©rique)) - fournira une base pour le dĂ©veloppement des compĂ©tences et la mobilisation virtuelle des jeunes pour la collecte et l'analyse des donnĂ©es.  Pour en savoir plus sur la campagne   URL:https://fr.unesco.org/news/mon-histoire-covid-19-lancement-dune-campagne-storytelling-jeunes © WFUNA La FMANU lance des programmes en ligne 29 avril 2020 Les Ă©coles et les frontiĂšres Ă©tant fermĂ©es au milieu de la pandĂ©mie de COVID-19, la FMANU a travaillĂ© dur au cours des derniers mois pour mettre en Ɠuvre et lancer plusieurs programmes en ligne pour une gamme de groupes d'Ăąge. La sĂ©curitĂ© et le bien-ĂȘtre de nos participants sont extrĂȘmement importants, mais nous voulons donner la chance de rester engagĂ©s dans les programmes de la FMANU tout en restant socialement responsables.  Mission Possible  offre deux programmes en ligne qui mettent au dĂ©fi les lycĂ©ens du monde entier de se connecter virtuellement, de collaborer entre les cultures et de s'engager dans une action significative! Plus d'infos ici .  WIMUN propose des simulations en ligne de Model UN et des sessions de formation. WIMUN Online est destinĂ© Ă  tous les Ă©tudiants de niveau secondaire et universitaire ĂągĂ©s de 14 Ă  30 ans, les Ă©tudiants de niveau secondaire et universitaire Ă©tant rĂ©partis en diffĂ©rentes sessions. Chaque session se dĂ©roulera une fois qu'un nombre minimum d'Ă©tudiants se sera inscrit afin d'assurer un dĂ©bat et des nĂ©gociations appropriĂ©s et productifs. Les enseignants pourront participer en tant qu'observateurs Ă  un tarif rĂ©duit. Plus d'infos ici . Ă‰largissant sa portĂ©e au-delĂ  des formations physiques, la FMANU propose dĂ©sormais un nouveau programme de formation en ligne unique permettant aux Ă©tudiants de vivre une expĂ©rience d'apprentissage virtuel entiĂšrement immersive sur l'ONU. Spotlight de l'ONU  apporte le monde de la diplomatie multilatĂ©rale directement aux Ă©tudiants. GrĂące Ă  un systĂšme efficace et personnalisable d'Ă©vĂ©nements, de cours et de sessions interactives en ligne, la WFUNA se concentre sur les questions internationales pertinentes avec l'aide de professionnels expĂ©rimentĂ©s du monde entier. Le format en ligne, combinĂ© Ă  l'expertise de la FMANU et Ă  son vaste rĂ©seau, offre un large Ă©ventail de possibilitĂ©s exclusives auxquelles les Ă©tudiants ne peuvent accĂ©der nulle part ailleurs. UN Spotlight offre aux Ă©tudiants une formation pratique, des connaissances pratiques et des conseils pour participer de maniĂšre constructive et efficace aux Nations Unies. Plus d'infos ici .  URL:https://wfuna.org/posts/wfuna-launches-online-programs © UNESCO Lancement du cours en ligne sur l’égalitĂ© des genres Ă  l’UNESCO 28 avril 2020 La Division pour l'Ă©galitĂ© des genres a la joie d'annoncer le lancement du nouveau cours en ligne sur l’égalitĂ© des genres Ă  l’UNESCO. Cette formation s'appuie sur le contenu dĂ©veloppĂ© par la Division de l'EgalitĂ© des genres pour renforcer la capacitĂ© du personnel de l'UNESCO Ă  intĂ©grer la dimension du genre dans les sessions de formation aussi bien en prĂ©sentiel que lors du lancement en 2008 de la premiĂšre version de l'outil de formation en ligne. Cette formation, dĂ©veloppĂ©e en Ă©troite consultation avec diffĂ©rents secteurs de l'UNESCO, fournit au personnel les termes clĂ©s et les concepts relatifs Ă  l’égalitĂ© des genres et les outils pour garantir l’intĂ©gration systĂ©matique des considĂ©rations du genre dans votre travail quotidien. La formation inclut des exemples concrets pour vous aider Ă  comprendre ce que vous devriez faire pour soutenir la prioritĂ© gĂ©nĂ©rale de l’Organisation sur l’égalitĂ© des genres. Nous avons accĂ©lĂ©rĂ© le lancement de ce cours en raison de la situation des coronavirus et la formation est actuellement dans sa version bĂȘta, accessible uniquement aux membres du personnel de l'UNESCO. DĂšs que la formation sera accessible au grand public, nous l'annoncerons sur cette page Web. Pour toute question sur le contenu du cours, ou portant sur l’égalitĂ© des genres Ă  l’UNESCO, veuillez contacter ge.elearning@unesco.org(link sends e-mail). Pour toute question sur l’accĂšs au cours, ou portant sur MyLearning, veuillez contacter learning@unesco.org(link sends e-mail) URL:https://fr.unesco.org/news/lancement-du-cours-ligne-legalite-genres-lunesco ⓒ BonNontawat/Shutterstock.com ConsĂ©quences de la fermeture des Ă©coles 24 avril 2020 La fermeture, mĂȘme temporaire, des Ă©tablissements scolaires entraĂźne des coĂ»ts sociaux et Ă©conomiques Ă©levĂ©s. Les perturbations qu’elle induit affectent toutes les communautĂ©s, mais les consĂ©quences sont particuliĂšrement graves pour les enfants dĂ©favorisĂ©s et leurs familles. Quelques-unes des raisons qui expliquent en quoi la fermeture des Ă©tablissements scolaires est prĂ©judiciable sont exposĂ©es ci-dessous. Cette liste est loin d’ĂȘtre exhaustive, mais peut aider Ă  comprendre pourquoi nous devons tous nous sentir concernĂ©s par ce phĂ©nomĂšne.  Interruption de l’apprentissage :  l’enseignement assure un apprentissage essentiel. La fermeture des Ă©coles prive donc les enfants et les jeunes de possibilitĂ©s de dĂ©veloppement et de perfectionnement. Les dĂ©savantages sont majeurs pour les Ă©lĂšves dĂ©favorisĂ©s, qui ont gĂ©nĂ©ralement accĂšs Ă  un nombre plus restreint de possibilitĂ©s Ă©ducatives en dehors du cadre scolaire. Alimentation : de nombreux enfants et jeunes comptent sur les repas fournis gratuitement ou Ă  moindre coĂ»t Ă  l’école pour se nourrir et avoir une alimentation saine. Par consĂ©quent, la fermeture des Ă©tablissements scolaires a une incidence sur l’alimentation. Manque de prĂ©paration des parents Ă  l’enseignement Ă  distance et Ă  domicile : lorsque les Ă©coles ferment, on demande souvent aux parents de faciliter l’apprentissage Ă  la maison, mais ils peuvent avoir des difficultĂ©s Ă  s’acquitter de cette tĂąche. Cela vaut particuliĂšrement pour les parents dont le niveau d’instruction et les ressources sont limitĂ©s. InĂ©galitĂ© d’accĂšs aux portails d’apprentissage numĂ©rique : l’insuffisance de l’accĂšs aux technologies ou Ă  une bonne connexion Internet est un obstacle Ă  la continuitĂ© de l’apprentissage, notamment pour les Ă©lĂšves issus de familles dĂ©favorisĂ©es. Lacunes en matiĂšre de garde d’enfants : en l’absence d’autres solutions, les parents qui travaillent laissent souvent leurs enfants seuls Ă  la maison lorsque l’école est fermĂ©e, ce qui peut entraĂźner des comportements Ă  risque, notamment accroĂźtre l’influence des pressions exercĂ©es par les pairs et la consommation de drogue. CoĂ»ts Ă©conomiques Ă©levĂ©s : lorsque les Ă©coles sont fermĂ©es, les parents qui travaillent sont plus susceptibles de s’absenter pour garder leurs enfants, ce qui entraĂźne souvent des pertes de salaire et nuit Ă  la productivitĂ©. Incidence mĂ©canique sur le systĂšme de santĂ© : les femmes reprĂ©sentent une large part des professionnels de santĂ©, or elles se trouvent souvent dans l’impossibilitĂ© de se rendre Ă  leur travail pour garder leurs enfants Ă  cause de la fermeture des Ă©coles. De nombreux professionnels mĂ©dicaux sont donc absents des Ă©tablissements de santĂ©, alors que c’est lors de ces pĂ©riodes de crise sanitaire que l’on a le plus besoin d’eux. Pression accrue sur les Ă©tablissements scolaires qui restent ouverts : les fermetures localisĂ©es entraĂźnent des charges supplĂ©mentaires pour les Ă©coles ouvertes, puisque les parents et les autoritĂ©s redirigent les enfants vers ces Ă©tablissements. Tendance Ă  l’augmentation des taux de dĂ©crochage scolaire : il est trĂšs difficile de faire en sorte que les enfants et les jeunes reviennent Ă  l’école et qu’ils y restent lorsque les Ă©tablissements scolaires rouvrent. Cela vaut particuliĂšrement pour les fermetures prolongĂ©es. URL:https://fr.unesco.org/covid19/educationresponse/consequences ⓒ GPE/Carolina Valenzuela Tribune : la question du genre au cƓur de la crise sanitaire 20 avril 2020 Tribune publiĂ©e dans LibĂ©ration le 4 avril 2020 par des membres des Conseils consultatifs Ă  l'Ă©galitĂ© des genres du G7, dont fait partie Alice Albright, Directrice gĂ©nĂ©rale du PME. Ces temps dĂ©sespĂ©rĂ©s exigent un leadership audacieux et dĂ©terminĂ©. Le dĂ©fi commun que reprĂ©sente le coronavirus nous rappelle, comme jamais auparavant, Ă  quel point nous dĂ©pendons les uns des autres. Nous traversons une crise sanitaire sans prĂ©cĂ©dent. Si elle peut tous nous affecter, elle expose les plus vulnĂ©rables Ă  de nombreux risques supplĂ©mentaires. En raison des inĂ©galitĂ©s de genre, si profondĂ©ment ancrĂ©es, les filles et les femmes vont vivre cette pandĂ©mie de façon diffĂ©rente. Nous, membres des Conseils consultatifs Ă  l’égalitĂ© de genre du G7 2018 et 2019, appelons immĂ©diatement les Etats membres Ă  une action urgente et conjointe visant Ă  accompagner les filles et les femmes de façon Ă  empĂȘcher la dĂ©gradation de l’égalitĂ© et le recul de leurs droits dans le monde. Nous appelons tous les gouvernements Ă  prendre en compte la question du genre au cƓur de cette crise. MĂȘme si jusqu’ici les morts du coronavirus sont lĂ©gĂšrement plus masculins, les femmes reprĂ©sentent 70% des soignants et des travailleurs sociaux dans le monde. Ce qui les place en premiĂšre ligne de la crise et les expose Ă  tous les risques. Elles occupent aussi pour la plupart des emplois de services, la majoritĂ© des commerces de proximitĂ©, les emplois moins bien rĂ©munĂ©rĂ©s. Ce qui les rend plus vulnĂ©rables Ă©conomiquement, pendant et aprĂšs cette crise. La pandĂ©mie de Covid-19 et les mesures de confinement qu’elle impose ont dĂ©jĂ  causĂ© une augmentation alarmante des violences domestiques Ă  l’encontre des femmes et des enfants. Dans plusieurs pays, les droits sexuels et reproductifs fondamentaux, ainsi que l’accĂšs aux soins et services qui vont avec, ont dramatiquement Ă©tĂ© rĂ©duits. Les progrĂšs rĂ©alisĂ©s pour assurer l’éducation de toutes les filles ont reculĂ©. Les femmes dans les zones de conflit et vivant dans des camps de rĂ©fugiĂ©s et de personnes dĂ©placĂ©es sont confrontĂ©es au virus dans les pires conditions. Elles ont plus que jamais besoin de protection. Nous avons tous besoin de davantage de solidaritĂ©. Soutenir soignants et travailleurs sociaux PremiĂšrement, le Conseil consultatif Ă  l’égalitĂ© des genres tient Ă  insister, fermement, sur la responsabilitĂ© qui incombe aux pays leaders du G7. C’est Ă  eux de prendre des mesures exceptionnelles afin de soutenir les soignants et les travailleurs sociaux, de leur offrir des conditions de travail dĂ©centes, comprenant tout l’équipement nĂ©cessaire Ă  leur protection, un logement proche des hĂŽpitaux le temps de la crise, la rĂ©duction de leur temps de transport, et tout ce qui peut leur permettre d’ĂȘtre au front. DeuxiĂšmement, il est urgent et vital d’adopter des mesures exceptionnelles pour protĂ©ger celles et ceux qui subissent des violences domestiques. Les gouvernements doivent s’assurer que les premiers interlocuteurs des victimes disposent de la formation et de l’expĂ©rience nĂ©cessaires Ă  l’accomplissement de leur mission, crĂ©er des places d’hĂ©bergement d’urgence supplĂ©mentaires, s’assurer de l’éviction du domicile des personnes violentes et offrir un soutien via des lignes tĂ©lĂ©phoniques d’urgence. TroisiĂšmement, les gouvernements devraient veiller Ă  ce que l’égalitĂ© des sexes reste au cƓur de leur action en matiĂšre d’éducation. Les fermetures d’écoles aggraveront les inĂ©galitĂ©s entre les sexes, en particulier pour les filles les plus pauvres. Les gouvernements doivent maintenir l’apprentissage pour toutes, tenir compte de la question du genre lors de la reprise scolaire et respecter les engagements d’aides concernant l’éducation des filles. 50% des tĂąches mĂ©nagĂšres pour les hommes QuatriĂšmement, nous demandons aux gouvernements de garantir l’accĂšs aux services de santĂ© sexuelle et reproductive, comprenant l’avortement, la santĂ© maternelle, les soins prĂ© et postnataux. En ces temps de crise, de taux Ă©levĂ© de chĂŽmage et de misĂšre Ă©conomique pour des millions de personnes, nous appelons les Etats Ă  assurer la gratuitĂ© des protections pĂ©riodiques et Ă  garantir l’accĂšs Ă  des moyens contraceptifs modernes et de qualitĂ©. CinquiĂšmement, les Etats devraient encourager, par des campagnes publiques, les hommes Ă  prendre en charge 50% des tĂąches mĂ©nagĂšres (et Ă©ducatives), traditionnellement assumĂ©es par les femmes. Enfin, nous leur demandons de fournir des donnĂ©es concernant la crise, ventilĂ©es en fonction du genre, afin de permettre aux professionnels de santĂ© et aux dĂ©cideurs politiques de disposer de ces donnĂ©es pour mettre en place des rĂ©ponses sanitaires et socio-Ă©conomiques adĂ©quates. Alors que la crise s’intensifie dans le monde entier, il paraĂźt clair que si nous voulons vraiment sauver des vies et protĂ©ger la santĂ©, le bien-ĂȘtre et la dignitĂ© de tous, les filles et les femmes doivent ĂȘtre en premiĂšre ligne, au centre des prĂ©occupations, incluses dans les dĂ©cisions prises localement et nationalement pour rĂ©pondre Ă  l’urgence, mener l’effort de redressement Ă©conomique et social, ou renforcer nos systĂšmes de santĂ© aprĂšs la pandĂ©mie. Exactement comme elles sont en premiĂšre ligne en ce moment pour combattre le coronavirus. Sans une coordination et une solidaritĂ© internationales, en particulier Ă  l’égard des plus vulnĂ©rables, cette pandĂ©mie meurtriĂšre continuera Ă  se rĂ©pondre de façon explosive et dĂ©sastreuse partout, plus encore mais pas seulement dans les pays oĂč les systĂšmes de santĂ© sont fragiles, mal rĂ©partis ou paralysĂ©s par la pauvretĂ©. Ce dĂ©fi n’est pas seulement un appel Ă  protĂ©ger la vie des gens et leurs droits. C’est une opportunitĂ© de faire face Ă  nos erreurs communes, d’apprendre d’elles et de construire un monde meilleur : plus Ă©gal, plus sain, plus prospĂšre et plus pacifique. Ce moment exceptionnel exige un leadership exceptionnellement humain, dĂ©nuĂ© de racisme et de xĂ©nophobie, de sexisme ou de mercantilisme. Il exige l’action de toute personne de tous les genres, des Etats comme de la sociĂ©tĂ© civile. Notre humanitĂ© doit Ă©clairer ces temps si sombres.  Signataires Alice P. Albright, directrice gĂ©nĂ©rale, Partenariat mondial pour l'Ă©ducationLisa Azuelos, cinĂ©asteBochra Bel Haj Hmida, avocate auprĂšs de la Cour de cassation de Tunisie, prix Nobel de la paix 2015Emma Bonino, sĂ©natrice italienneDillon Black, they/themOuided Bouchamaoui, prix Nobel de la paix 2015Winnie Byanyima, directrice exĂ©cutive d’Unaids et ancienne directrice d’Oxfam InternationalMarie Cervetti, directrice d’Une femme et un toitDiane Elson, professeure Ă©mĂ©rite Ă  l’UniversitĂ© d’EssexMercedes Erra, fondatrice et prĂ©sidente du groupe BETCCaroline Fourest, Ă©crivaine et cinĂ©asteRosemary Ganley, journalisteLeymah Gbowee, prix Nobel de la paix 2011Gargee Ghosh, Fondation Bill et Melinda GatesBrigitte Gresy, prĂ©sidente du Haut Conseil Ă  l’égalitĂ© FranceDayle Haddon, fondatrice de WomenOneYoko Hayashi, avocate et ancienne prĂ©sidente du CedawIsabelle Hudon, ambassadrice du Canada en FranceMuriel IghmouracĂšne autriceKatja Iversen, prĂ©sidente de Women DeliverRoberta Jamieson, prĂ©sidente de IndspireAranya Johar, poĂšte et activisteFarrah Khan, she/herMichael Kaufman, auteur et activisteAÄ«ssata Lam, prĂ©sidente de la chambre de commerces des jeunes de MauritaniePhumzile Mlambo-Ngcuka, directrice exĂ©cutive ONU FemmesVirginie Morgon, PDG de EurazeoVanessa Moungar, directrice de la Banque de dĂ©veloppement africaine pour le genre, les femmes et la sociĂ©tĂ© civile, African Development BankDenis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018Nadia Murad, prix Nobel de la paix 2018Irene Natividad, prĂ©sidente de Global Summit of WomenAlexandra Palt, directrice gĂ©nĂ©rale de la Fondation L’OrĂ©alNatalia Ponce de LeĂłn, activisteInna Shevchenko, journaliste et activiste FemenKareen Rispal, ambassadrice de France au CanadaMaya Roy, prĂ©sidente de YWCA CanadaGrĂ©goire ThĂ©ry, cofondateur de CAP internationalEmma Watson actrice et activisteMalala Yousafzai, prix Nobel de la paix 2014. URL:https://www.globalpartnership.org/fr/news/tribune-la-question-du-genre-au-coeur-de-la-crise-sanitaire